L'Académie française est une institution culturellefrançaise dont la mission est de « contribuer à titre non lucratif au perfectionnement et au rayonnement des lettres », qui a pour fonction de tenir à jour un dictionnaire de référence du français, le Dictionnaire de l'Académie française, et d'approuver la publication au Journal officiel d'équivalents francophones de termes techniques étrangers dans la langue française[2]. Elle se compose de quarante membres élus par leurs pairs et est la première des cinq académies de l'Institut de France.
L'Académie française est fondée en et officialisée en par le cardinal de Richelieu. La mission qui lui est assignée à l’origine, précisée par lettres patentes de Louis XIII le , est de travailler à « donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences ». Ainsi l'article 26 de ses statuts lui attribue la mission d'élaborer un Dictionnaire de l'Académie française, dont la première édition est publiée en 1694 et la neuvième en 2024. Suivant ce même article, elle doit aussi composer une Grammaire de l'Académie française (qui ne connait que deux éditions en 1932 et 1933), ainsi qu'une Rhétorique et une Poétique. Ces deux derniers projets n'ont jamais été entrepris. Elle attribue également des prix littéraires, dont le plus renommé est le Grand prix de littérature de l'Académie française.
Il n'existe aucune condition de titres ou de nationalité pour entrer dans la Compagnie, sinon celle d'avoir illustré la langue française.
L'utilité de l'Académie française, qui n'a plus d'autorité normative mais seulement morale aujourd'hui, est parfois contestée. Sa légitimité est aussi remise en question : un seul linguiste a compté parmi les membres (qui sont pour la plupart écrivains), Gaston Paris, mort en 1903. Les critiques concernent également l'éthique de l'institution, qui offre de nombreux avantages à ses membres.
Les origines de l'Académie se trouvent dans les réunions informelles d'un groupe littéraire, le « cercle Conrart », qui se rassemblait depuis 1629 au numéro 135 de la rue Saint-Martin, domicile de Valentin Conrart, protestantcalviniste et néanmoins conseiller de Louis XIII et habitué de l'hôtel de Rambouillet où se rencontraient déjà ces hommes de lettres. Ces réunions littéraires secrètes (comme auparavant l’Académie de musique et de poésie fondée en 1570 par Jean-Antoine de Baïf et Joachim Thibault de Courville sous le règne de Charles IX et qui, tout en restant secrète, devient en 1574 l’Académie du palais sous Henri III) inspirent à Richelieu, dont les idées prennent un caractère de grandeur, le projet de créer l'Académie française en transformant ces réunions en une compagnie littéraire sous l'autorité royale, prenant pour modèle l’Accademia della Crusca fondée à Florence en 1582 et ayant déjà publié son Vocabolario en 1612[4]. Les registres des réunions sont tenus par Conrart dès le [5],[6].
Constitution en Académie à l'inspiration de Richelieu
Les statuts sont élaborés durant toute l'année 1634[7], statuts à caractère prescriptif visés par le Cardinal en 1635[8]. Conrart en dresse les lettres patentes signées par Louis XIII le (date traditionnellement attribuée pour la naissance officielle de l'Académie française)[1] et enregistrées par le Parlement de Paris en 1637[9]. Les statuts et règlements sont signés le [10]. Treize nouveaux membres, appelés jusqu’en 1636 du nom d’« Académistes » (« académiciens » à partir du ), sont admis à siéger avec le groupe initial des neuf membres. Valentin Conrart en devient le premier secrétaire perpétuel de 1634 à 1675, Richelieu est nommé « père et protecteur » de ces lettrés au départ quelque peu rétifs (depuis le protectorat de Louis XIV, chaque chef de l'État français demeure le protecteur de l'Académie, approuvant ou non l'élection d'un membre)[11]. Un des premiers travaux de cette Académie est d'arbitrer la querelle entre Georges de Scudéry et Pierre Corneille concernant Le Cid. En 1637, sur l'insistance de Richelieu, Jean Chapelain rédige Les sentiments de l'Académie Française sur la tragi-comédie du Cid[12],[13].
Le livre Histoire de l'Académie françoise[14] (premier volume paru en 1653) écrit par un de ses membres, Paul Pellisson (le second de l'abbé d'Olivet relatant son histoire est paru en 1729), rédigé à partir des registres de l'Académie française et sous l'influence des académiciens (d'autant plus que Pellisson souhaite intégrer la compagnie), est la source unique sur la fondation de l'Académie. Pellisson considère qu'elle n'a aucune finalité savante — comme l'académie de Baïf fondée en 1570 et l'académie de Mersenne — ou finalité politique — comme l'académie des frères Dupuy[15] —, mais son récit omet que le cercle Conrart réunit des hommes de plume, de grands aristocrates et a aussi pour vocation de s'échanger des informations pour offrir au groupe une position privilégiée sur l'espace socio-politique de l'époque[16]. De plus, l'Académie donnant son avis sur les œuvres littéraires (voir son intervention dans la « querelle du Cid »), Richelieu y voit un moyen de contrôle sur la vie intellectuelle et littéraire française. Dans sa volonté de rassembler, Richelieu veut que la langue française soit l'affaire des représentants des divers domaines du savoir (ecclésiastiques[N 1], militaires — le premier est le duc Armand de Coislin en 1652 —, diplomates, puis écrivains et philosophes — le premier est Montesquieu en 1727 — sous Louis XV qui menace de supprimer l'Académie qui prend son indépendance grâce aux Lumières) et décide que l'Académie s'ouvre à quarante membres égaux et indépendants, donc qu'elle ne soit pas subventionnée[17].
Le caractère officiel de cette compagnie de « beaux esprits » étant établi, elle se réunit d’abord chez tel ou tel de ses membres, puis chez le chancelier Pierre Séguier, rue du Bouloi, à partir de 1639. Elle est hébergée à la mort de Richelieu en 1642 par Anne d'Autriche grâce à l'intervention de l'académicien Vincent Voiture, interprète de la reine mère[18], sur les conseils de Colbert elle est transférée au Louvre à partir de 1672.
Parenthèse révolutionnaire et installation quai de Conti
En 1793, par décret daté du , la Convention supprime toutes les académies royales (« royaume des lettrés, titrés, mitrés » selon la formule de Chamfort), y compris l'Académie française[3], et confirme l'interdiction d'élire de nouveaux membres pour remplacer ceux décédés. Pendant la Terreur, l'abbé Morellet sauve les archives de l'Académie en les cachant chez lui. En 1795, par décret daté du , ces Académies sont remplacées par une seule entité : l'Institut de France, dont la loi Daunou arrête l'organisation[N 2].
En 1803, par arrêté du 3pluviôsean XI (), le Premier consul Bonaparte décide de restaurer les anciennes académies, mais simplement comme classes (divisions) de l'Institut de France. La seconde « classe de langue et littérature françaises » correspond de facto à l'ancienne Académie française. Bonaparte avait en 1800 opposé un refus à son frère Lucien, alors ministre de l'Intérieur et rêvant d'être académicien, qui lui avait suggéré de restaurer l'Académie[N 3].
L'Académie s'est longtemps montrée très réticente à recevoir des femmes parmi ses membres. En 1980, l'historien Pierre Gaxotte va jusqu'à affirmer : « Si on élisait une femme, on finirait par élire un nègre... »[21]. Cette même année, l'Académie élit Marguerite Yourcenar, puis Léopold Sédar Senghor en 1983.
La création de l'Académie française s'inscrit dans la continuité de l'institution du français comme langue officielle de la nation, traduite en particulier par l'ordonnance de Villers-Cotterêts édictée par François Ier en 1539, dont les articles 110 et 111 sur la langue française sont toujours en vigueur. Son rôle est de contribuer à l'harmonisation de la langue française, pour qu'elle soit compréhensible par tous les Français et aussi par tous les Européens qui l'adoptent alors comme langue commune. L'Académie est donc garante de la précision de la langue française, en ayant pour objectif d'éviter qu’une confusion dans les mots n'entraîne une confusion dans les idées[24].
L’article 24 de ses Statuts précise que « la principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possible à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences ».
L'accomplissement de cette mission de normalisation de la langue française se traduit par trois principales actions :
l'émission de recommandations et d'avis sur les règles de la langue : publications officielles et publications d'académiciens sur le bloc-notes internet de l'Académie et dans la presse ;
la participation aux différentes commissions de terminologie[N 4], visant à créer de nouveaux mots dans tous les domaines, en particulier ceux où les inventions et développements de la science sont nombreux. L'Académie donne son aval pour la publication des termes au Journal officiel, qui sont alors aussi publiés sur le site internet FranceTerme, et leur usage devient obligatoire au sein des administrations et des services publics en remplacement des termes étrangers.
L’article 26 des Statuts demande que soient composés « un Dictionnaire, une Grammaire, une Rhétorique et une Poétique sur les observations de l’Académie ». Le Dictionnaire a été et continue d'être édité, la Rhétorique et la Poétique n'ont jamais été publiés. Une première Grammaire de l'Académie française a été publiée en 1932. La rédaction a été dirigée par Abel Hermant, aidé de prêtes-plumes inconnus. Vivement critiquée, notamment par le linguiste Ferdinand Brunot dans son ouvrage Observations sur la grammaire de l'Académie française, l'Académie réagit en publiant une seconde édition corrigée et quelque peu augmenté dès l'année suivante[25],[26]. L'Académie a par ailleurs entrepris un projet de Dictionnaire historique de la langue française. En ont été publiés quatre tomes entre 1865 et 1894, mais le projet est resté inachevé sans aller au-delà de la lettre A.
L'Académie française exerce sa mission de normalisation de la langue en recueillant les us et coutumes et en les codifiant en lois sans se donner le droit d'en changer les dispositions, et en participant à la création de nouveaux mots dans les commissions de terminologie, mais elle s'est toujours défendue d'être la créatrice de la langue[19]. Toutefois, la langue étant vivante et donc en constante évolution, l'Académie est aussi parfois perçue comme une autorité déterminant le bon usage de la langue[27]. Cette autorité est concurrencée par les ministères français tels que celui de l'Éducation nationale qui a autorité pour définir les usages acceptés aux examens, par les autorités d'autres pays francophones tels que le Canada et son Office québécois de la langue française, très vigilant à l'usage des anglicismes, voire par une conception libérale qui donne une égale autorité linguistique à tous les éditeurs privés[réf. souhaitée].
Premiers dictionnaires
Trois dictionnaires sont publiés au XVIIIe siècle : en 1718, 1740 et 1762[3].
Dictionnaire de l'Académie en ligne
En 2019, l'Académie met pour la première fois son Dictionnaire à disposition du public sur un site Internet dédié[28], en accès gratuit. Son ambition première est de rendre accessible sa dernière édition, la neuvième, en cours d'achèvement[29]. Ce site permet aussi de parcourir l'intégralité des neuf éditions du dictionnaire[30].
Illustrer la langue française
La seconde mission de l'Académie est l'illustration de la langue française. Elle est accomplie notamment à travers le mécénat, non prévu dans les statuts d'origine, qui procède de l'exécution des dons et legs qui lui ont été faits et ce dès l'Ancien Régime[N 5].
Œuvres des académiciens
Chacun dans sa spécialité, les membres de l'Académie ont contribué par leurs ouvrages à l'illustration et au prestige de la langue définie par la Compagnie, tels que Corneille, Racine, La Fontaine ou Bossuet[31].
L’Académie française décerne actuellement chaque année environ soixante prix littéraires, dont les dotations sont financées par des donateurs souvent en exécution de legs, parmi lesquels :
L’Académie attribue des subventions à des sociétés littéraires ou savantes, des œuvres de bienfaisance, des aides à des familles nombreuses, aux veuves, aux personnes défavorisées ou qui se sont distinguées par l’accomplissement d’actes de dévouement ainsi qu’un certain nombre de bourses d'études : Zellidja, Neveux, Corblin, Damade.
Elle élit son secrétaire perpétuel qui, comme son nom l'indique, le reste jusqu'à son décès ou à sa démission. Cette permanence en fait le personnage le plus important de l'institution. Après la mort d'Hélène Carrère d'Encausse le , le poste a été confié à Amin Maalouf le .
Elle élit également, tous les trois mois, un président chargé de présider les séances.
Commissions
D'après l'annotation des statuts et règlements de l'Académie française[N 7],[32], l'Académie comporte cinq commissions :
la commission du Dictionnaire ;
la commission de la Francophonie ;
la commission administrative, statutairement composée du Secrétaire perpétuel et de deux membres, factuellement composée de deux membres suppléants[N 8],[33] ;
« Il n'y avait anciennement dans l'Académie qu'un fauteuil, qui était la place du directeur. Tous les autres académiciens, de quelque rang qu'ils fussent, n'avaient que des chaises. Le cardinal d'Estrées, étant devenu très infirme, chercha un adoucissement à son état dans l'assiduité à nos assemblées : nous voyons souvent ceux que l'âge, les disgrâces, ou le dégoût des grandeurs forcent à y renoncer, venir parmi nous se consoler ou se désabuser. Le cardinal demanda qu'il lui fût permis de faire apporter un siège plus commode qu'une chaise. On en rendit compte au roi Louis XIV, qui, prévoyant les conséquences d'une telle distinction, ordonna à l'intendant du garde-meubles de faire porter quarante fauteuils à l'Académie, et confirma, par là et pour toujours, l'égalité académique. La compagnie ne pouvait moins attendre d'un roi qui avait voulu s'en déclarer le protecteur[35]. »
En 1639, les académiciens passent de 39 à 40 fauteuils.
« Immortalité »
Surnommés « les immortels », les académiciens doivent ce surnom à leur devise « À l’immortalité ». Celle-ci figure sur le sceau donné à l’Académie par son fondateur, le cardinal de Richelieu, et vise à l'origine la langue française et non les académiciens. Rapidement, cette notion s'est étendue aux académiciens pour leur gloire posthume, l'immortalité littéraire étant conférée par le roi en échange de l'unification linguistique du royaume et son autonomisation par rapport à l'Église. À partir du XVIIIe siècle, les académiciens comme tous les écrivains développent une éthique qui ne se veut plus être au service du pouvoir mais gardent ce titre d'« immortels »[36].
La qualité d’académicien est une dignité inamovible. Celui qui se déclare démissionnaire n’est pas remplacé avant son décès : Pierre Benoit, Pierre Emmanuel et Julien Green en sont des exemples. Des exclusions peuvent être prononcées par l'Académie pour de graves motifs, notamment des motifs entachant l’honneur. Ces exclusions au cours de l’histoire ont été rarissimes. Plusieurs furent mises en œuvre après la Seconde Guerre mondiale pour faits de collaboration, à l'endroit de Philippe Pétain, Charles Maurras, Abel Bonnard et Abel Hermant. Les fauteuils de Pétain et Maurras ne furent pas pourvus avant leur mort, à l'inverse de ceux de Bonnard et Hermant, par mesure exceptionnelle[37].
Au premier acte (sc. II) de Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand (qui entrera lui-même à l'Académie trois ans après la première de la pièce) se moque de cette « immortalité » en mettant dans la bouche d'un bourgeois nommant à son fils les spectateurs du théâtre de l'hôtel de Bourgogne :
Voici Boudu, Boissat, et Cureau de la Chambre ;
Porchères, Colomby, Bourzeys, Bourdon, Arbaud…
Tous ces noms dont pas un ne mourra, que c’est beau !
c'est-à-dire une série d'académiciens de l'époque où se passe l'action, tombés dans un oubli total depuis lors.
Élection et réception
Quand un fauteuil est laissé vacant par la mort de son titulaire, l'Académie déclare la vacance à l'issue d'un délai de décence de plusieurs mois, et une élection est alors organisée dans les trois mois qui suivent. Les candidatures sont déposées par les candidats avec un courrier adressé au secrétaire perpétuel, ou sont présentées par un ou plusieurs académiciens. Les aspirants à une élection peuvent déclarer leur candidature à la date de leur majorité et au-delà, sans restriction.
L'élection est effectuée à bulletins secrets, et requiert la majorité absolue des suffrages exprimés. Un quorum de 20 votants est fixé. Les votes blancs ne sont pas pris en compte pour l'établissement de la majorité absolue, à l'inverse des bulletins blancs marqués d'une croix[38].
L'élection ne devient définitive qu'après l'approbation du protecteur de l'Académie, le roi puis le président de la République, qui manifeste celle-ci en donnant audience au nouvel élu. C'est ainsi que l'élection de Paul Morand a été différée jusqu'en 1968, car le général de Gaulle s'y était jusqu'alors opposé en raison des postes occupés par l’intéressé sous le régime de Vichy.
Le nouvel élu est alors installé dans une cérémonie à huis clos. Une semaine après, il est officiellement reçu dans la Compagnie en habit vert, qu'il se sera fait confectionner. Au cours de cette cérémonie publique, il prononce un discours de remerciement où il fait l'éloge de son prédécesseur, auquel répond le directeur du trimestre où la vacance a été notifiée. Cette tradition remonte à Olivier Patru, reçu en 1640 :
« À sa réception, rapporte Pellisson, Patru prononça un fort beau remerciement dont on demeura si satisfait qu’on a obligé tous ceux qui ont été reçus depuis d’en faire autant. »
— René de La Croix de Castries, La Vieille Dame du Quai Conti[38].
L'habit des académiciens, avec bicorne, cape et épée, qu'ils revêtent lors des séances solennelles sous la Coupole, a été dessiné sous le Consulat. Grand amateur d'uniformes, Bonaparte avait d'abord pensé à un habit jaune, mais c'est un uniforme noir avec des broderies vertes en forme de rameaux d'olivier qui fut finalement choisi par une commission de trois membres : Houdon, Vincent et Chalgrin, sur un dessin attribué au peintre Jean-Baptiste Isabey.
Les femmes et les ecclésiastiques sont dispensés du port de l'uniforme et de celui de l'épée. Mmes de Romilly, Carrère d'Encausse, Delay, Veil, Sallenave, Bona et Cassin ont cependant opté pour l'« habit vert » lors de leur réception. Mme Carrère d'Encausse a été la première femme à porter l'épée, arme créée pour l'occasion par l'orfèvre géorgienGoudji. Les femmes élues ensuite ont opéré le même choix, à l'inverse de Jacqueline de Romilly, qui avait cependant reçu une broche symbolique après son élection à l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1975.
La nationalité française n'est pas formellement une obligation pour être élu à l'Académie, rien n'étant prévu à ce sujet dans le règlement de l'institution. Plusieurs académiciens sont ainsi originaires d'autres pays que la France. Si la plupart d'entre eux ont été naturalisés avant leur élection — comme Joseph Kessel ou Eugène Ionesco —, certains ont été élus avec une autre nationalité — comme Julien Green. Peu de temps avant son élection en 1980, Marguerite Yourcenar, devenue citoyenne des États-Unis en 1947, avait repris la nationalité française. Des académiciens français sont également nés dans un pays étranger, sans toutefois avoir la nationalité de ce pays — comme Valéry Giscard d'Estaing, né en 1926 en Allemagne.
Liste des académiciens et académiciennes d'origine étrangère
Cette liste recense les académiciens citoyens d’un pays autre que la France à un moment quelconque de leur vie (que cette nationalité soit par la naissance ou par la naturalisation et même s’ils ne l'avaient plus au moment de leur élection, leur entrée à l’Académie ou leur décès) :
Née en Belgique d'un père français, elle est naturalisée américaine en 1947 et renonce à sa nationalité française. Elle la recouvre en 1980[43]. Première femme élue à l'Académie.
Indigène sujet français à sa naissance, puis pleinement citoyen français à partir de 1933 et enfin citoyen sénégalais à partir de 1960. Il ne possédait plus la nationalité française au moment de son élection. Premier Africain élu à l'Académie.
Né à Hong Kong de parents panaméens : père consul du Panama à Hong Kong et mère, née picarde, ayant perdu sa nationalité française par son mariage[44]. Lui-même, donc panaméen, arrivé en France en bas âge en 1919 avec sa mère, optant aussi pour la nationalité française à sa majorité, fin 1939 (malgré la conséquence d'être incorporé dans l'armée française)[45].
Née en Algérie française, sujet colonial français puis citoyenne de l’Algérie à l'indépendance de celle-ci en 1962. Elle ne possédait plus la nationalité française au moment de son élection.
Né en Belgique de père français et de mère belge. Possède de fait la double nationalité.
L'âge moyen d'entrée à l'Académie, d'après les calculs du démographe Jacques Véron, était de 44 ans entre 1635 et 1757, de 50 ans pour les promotions de 1758 à 1878 et de 60 ans pour les promotions de 1880 à 1983[46]. L'âge moyen d'entrée des 19 académiciens élus entre 2005 et est de 68 ans[46]. Depuis 2010, l'âge limite d'entrée à l'Académie est de 75 ans à la date du dépôt de la candidature[47], mais une exception a été faite pour Mario Vargas Llosa.
Le nombre de 40 académiciens n’a été atteint que cinq ans après la création de l’Académie, avec l’élection de Daniel de Priézac le .
Jusqu’à la fin de la première moitié du XIXe siècle, l’effectif de l’Académie française était souvent complet, chaque décès étant rapidement suivi par une élection et le nouvel académicien était rapidement reçu[N 9].
Depuis, les délais d’élection et de réception se sont considérablement allongés. Il se passe aujourd’hui environ un an entre un décès et une élection, et encore un an entre l’élection et la réception[N 10], de sorte que le chiffre de 40 académiciens est peu souvent atteint. L'Académie fut au complet pour la dernière fois du (élection de Marc Lambron) au (décès d'Assia Djebar)[N 11].
Mais si l’on ne tient compte que des académiciens reçus, et non pas seulement élus, alors l’Académie n’a été complète que pendant 24 jours au cours du XXe siècle, et ne l’a encore jamais été au XXIe siècle. Les périodes où l’Académie était complète ont été :
Si l’on ne tenait pas compte de l’exclusion de facto de Charles Maurras et Philippe Pétain pour cause de condamnation à l'indignité nationale[N 12], alors il y aurait eu deux autres périodes pendant lesquelles l’Académie aurait été au complet :
Le nombre d'académiciens élus a été au plus bas avec 28 membres du au . Le nombre d'académiciens reçus a été au plus bas avec 26 membres du au [48],[34].
Certains ne songèrent pas à introduire une candidature, tels Giraudoux ou Larbaud. D’autres sont décédés avant leur élection probable : Apollinaire, Proust ou Péguy.
Refus de se présenter
De nombreux écrivains, intellectuels ou scientifiques ont décliné l'invitation à se présenter à l'élection parmi les « immortels ». Sollicité par François Mauriac en 1950, Marcel Aymé lui répond ainsi :
« Je vous suis très reconnaissant d'avoir pensé à moi pour le Quai de Conti […]. Avec beaucoup d'émoi, je réponds à votre « clin d'œil » qui me rend très fier. Pourtant, je dois vous dire que je ne me sens pas l'étoffe d'un académicien. En tant qu'écrivain, j'ai toujours vécu très seul, à l'écart de mes confrères mais pas du tout par orgueil, bien au contraire, plutôt par timidité et indolence aussi. Que deviendrais-je si je me trouvais dans un groupe de quarante écrivains ? J'en perdrais la tête et à coup sûr, je n'arriverais pas à lire mon discours. Ainsi feriez-vous une piètre acquisition[50]. »
De même Georges Bernanos refusa que l'on pût seulement lui proposer d'y entrer, car, écrit-il, s'il n'en était déjà dégoûté, la présence au sein de l'Académie « d'un vieil imposteur comme Claudel-Turelure » l'en éloignerait[51]. De Bernanos, on cite souvent la phrase : « Quand je n'aurai plus qu'une paire de fesses pour penser, j'irai l'asseoir à l'Académie ».
Edmond Rostand a ironisé sur l'immortalité du nom de certains académiciens pourtant aujourd'hui tombés dans l'oubli : « - L'Académie est là ? - Mais… j'en vois plus d'un membre ; Voici Boudu, Boissat, et Cureau de la Chambre ; Porchères, Colomby, Bourzeys, Bourdon, Arbaud… Tous ces noms dont pas un ne mourra, que c'est beau[N 13]. » (Cyrano de Bergerac (Rostand), acte I, scène 2). Rostand ne s'en présenta pas moins à l'Académie, où il fut élu en 1901.
Fidèle à sa mission originale d'établissement des normes de la langue officielle, l'Académie française s'oppose à ce qu'il soit fait mention des langues régionales dans la Constitution française, selon une déclaration rendue publique le . En effet, selon les académiciens, cette mention amènerait la France à pouvoir ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires[52], ce qu'elle ne souhaite pas.
C’est sur ces cinq points qu'ont porté les propositions de l'Académie française. Elles ne visent pas seulement l’orthographe du vocabulaire existant, mais aussi et surtout celle du vocabulaire à naître, en particulier dans les sciences et les techniques.
Elles ont été publiées au Journal officiel du . Ces rectifications, modérées dans leur teneur et dans leur étendue, se résument ainsi :
le trait d’union : un certain nombre de mots remplaceront le trait d’union par la soudure (exemple : portemanteau comme portefeuille) ;
le pluriel des mots composés : les mots composés du type pèse-lettre suivront au pluriel la règle des mots simples (des pèse-lettres) ;
l’accent circonflexe : il ne sera plus obligatoire sur les lettres i et u, sauf dans les terminaisons verbales et dans quelques mots où sa présence est essentielle pour distinguer un homonyme (exemples : qu’il fût, mûr) ;
le participe passé : il sera invariable dans le cas de laisser suivi d’un infinitif (exemple : elle s’est laissé mourir) ;
les anomalies :
mots empruntés : pour l’accentuation et le pluriel, les mots empruntés suivront les règles des mots français (exemple : un imprésario, des imprésarios) ;
séries désaccordées : des graphies seront rendues conformes aux règles de l’écriture du français (exemple : douçâtre), ou à la cohérence d’une série précise (exemples : boursouffler comme souffler, charriot comme charrette).
La dernière autorité s'avère en fin de compte l'usage : menée par quelques défenseurs inattendus dont François Cavanna et Delfeil de Ton, ordinairement peu enclins à soutenir l'ordre établi, la réforme de 1990 (rectification d'anomalies orthographiques, suppressions de certains accents circonflexes, francisation des noms d'origine étrangère, etc.) fut fortement contestée et l'Académie, tout en indiquant que les modifications proposées possédaient une logique, réaffirma la nécessité de laisser l'usage seul trancher[53].
L'Académie a longtemps été opposée à la féminisation des noms de métiers.
En , la romancière Marie-Louise Gagneur demande à l'Académie française de féminiser les termes écrivain et auteur. Charles de Mazade répond alors : « La carrière d’écrivain n’est pas celle de la femme » selon Le Matin, tandis que Leconte de Lisle indique que « autrice ou auteuse [...] déchire absolument les oreilles »[54].
En 2014, elle considérait, par exemple, des mots formés par l'adjonction de -e à des mots en -eur comme des barbarismes[55].
À la demande de la Cour de cassation en , elle promet de réfléchir à cette féminisation[54],[56]. En 2019, ses positions sont plus nuancées, elle affirme qu'« il convient de laisser aux pratiques qui assurent la vitalité de la langue le soin de trancher : elles seules peuvent conférer à des appellations nouvelles la légitimité dont elles manquaient à l’origine »[57].
Critiques de l'institution
L'Académie française fait l'objet de critiques depuis sa création tenant tout à la fois à ses positions conservatrices, son mode de fonctionnement et de recrutement, sa légitimité ou encore son expertise.
Son premier dictionnaire est critiqué pour sa lenteur de rédaction : il faut attendre 1694 pour le voir paraître alors que l'institution a été créée en 1635. Tranchant dans les débats de l'époque, l'Académie opte pour une « orthographe ancienne » (c'est-à-dire à tendance étymologique) en ce qu'elle « distingue les gens de lettres d’avec les ignorants et les simples femmes »[58],[59].
Avant la parution de la première édition, Antoine Furetière, académicien avant d'être exclu par ses pairs, se vengera de son éviction en décrivant au vitriol les modalités de travail de la commission du dictionnaire :
« Chacun pointille sur chaque article, et le juge bon ou mauvais selon sa connaissance ou son caprice ; très souvent on le réforme au pis, ou on ne fait que changer peu de chose dans l'expression. Mais cela se fait avec tant de bruit et de confusion, que les plus sages se taisent, et que l'avis des plus violents l'emporte. Celui qui crie le plus haut, c'est celui qui a raison(…). Quand un Bureau est composé de cinq ou six personnes, il y en a un qui lit, un qui opine, deux qui causent, un qui dort et un qui s'amuse à lire quelque dictionnaire qui est sur la table[60] »
L'Académie n'a publiée qu'une seule Grammaire en 1932. Ayant fait l'objet de vives critiques, notamment de la part du linguiste Ferdinand Brunot[61], l'institution n'en a plus rédigé d'autre depuis[62].
De nos jours, l'académie travaille à la neuvième édition de son dictionnaire. La rédaction n'est pas réalisée par les académiciens eux-mêmes, mais par des agrégés de lettres dont l'identité n'est pas connue par le public[62]. L'actualité de ses définitions est remise en cause. Par exemple, la première acception du mot mariage reste « Union légitime d’un homme et d’une femme »[63].
Lors de la publication du dictionnaire en , le linguiste Médéric Gasquet-Cyrus le qualifie d'obsolète du fait de l'absence de termes du quotidien et de termes féminins équivalents de ceux masculin, bien que la féminisation des noms de métiers fasse son apparition[64]. La Ligue des droits de l'homme demande à cette occasion que plusieurs définitions soient corrigées par l'Académie française, telles que « race », « négrillon » ou « négroïde », qui ne précisent pas leur caractère péjoratif ou discriminant, « femme », qui cantonne selon elle les femmes à leur caractère reproductif, ou « hétérosexualité », définie comme « naturelle », impliquant selon l'association « que l’homosexualité ne l’est pas »[65].
Élections contestées
L’annonce de la candidature de Valéry Giscard d'Estaing en 2003 suscite une opposition de Maurice Druon et de plusieurs membres de l’Académie, parmi lesquels Angelo Rinaldi, Erik Orsenna et Pierre Messmer. Druon écrit un article virulent dans Le Figaro littéraire, où il souligne que jamais un ancien protecteur de l'Académie n'a osé être candidat sous la Coupole, et estime que la politique ne doit pas envahir l'Académie, que les gaullistes n'ont toujours pas digéré l'attitude de Giscard lors du référendum de 1969, et que Giscard n'est pas un écrivain[66]. Giscard d’Estaing est néanmoins élu dès le premier tour, avec 19 voix sur 34[67],[68].
L'élection d'Alain Finkielkraut en 2014 divise les académiciens et soulève l'opposition de huit d'entre eux[pourquoi ?], qui barrent leur bulletin d'une croix. Il est cependant élu dès le premier tour par 16 voix sur 28 et 8 bulletins barrés, signe de désaveu rare[69],[54]. Il succède à Félicien Marceau, dont l'élection a provoqué la démission d'un autre académicien, Pierre Emmanuel, qui entendait protester contre l'arrivée de cet écrivain sur lequel avaient pesé des soupçons de collaboration avec l'occupant allemand dans les dernières années de la guerre dans son pays d'origine, la Belgique[70]. Condamné par contumace en Belgique en 1946, sa condamnation était estimée injustifiée par le général de Gaulle, qui lui a donc accordé la nationalité française en 1959[71].
Mise en cause de sa légitimité
Il existe une longue tradition de critique à l'égard de l'institution, souvent portée par des membres du 41e fauteuil. L'un des pamphlets les plus vitriolés contre l'Académie française est « L'Académie sans candidats » de Barbey d'Aurevilly, écrit en .
L'Académie est critiquée, en France[72] comme à l'étranger[41], pour son manque de compétence linguistique[62] (elle n’a plus eu aucun membre linguiste depuis la mort de Gaston Paris en 1903) ainsi que pour son manque de représentativité[73],[2],[74].
L'Académie dément être une institution normative, mais plutôt le « greffier de l'usage »[75],[76]. Marc Wilmet, linguiste belge et membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, estime néanmoins qu'à partir du moment où les usages non normés sont délégitimés par les locuteurs et institutions qui se réfèrent à l'Académie, ils sont conditionnés de fait par celle-ci[27]. À titre d’exemple, en 2020, quand le monde francophone parle unanimement du Covid au masculin, l’Académie fait valoir qu’il serait « préférable » de dire « la Covid »[77].
Dans un entretien donné en à la revue socialiste Ballast, Maria Candea, professeur de sociolinguistique à l'université Sorbonne Nouvelle[78] et co-autrice du livre L'Académie contre la langue française[79], ne reconnaît aux académiciens ni légitimité ni compétence linguistique[80]. En , la même revue publie une tribune signée par 77 linguistes intitulée « Que l’Académie tienne sa langue, pas la nôtre », remettant en cause la légitimité des avis de l’Académie sur la langue, et en particulier son texte décrivant l'écriture inclusive comme un « péril mortel », qualifié de « désinformation ». La tribune affirme que la langue doit devenir « un objet de réflexion collective » et que le débat doit être ouvert à tous les locuteurs et non à la seule Académie[81],[82],[83]. Celle-ci, par ailleurs, d'après les notices biographiques de ses membres, publiées sur son site, ne compte, en juin 2024, qu'un seul membre titulaire d'un diplôme de philologie. Il s'agit paradoxalement d'Andreï Makine, qui n'est pas né Français mais Russe[84].
Si la convention qui couvre les années 2012 et 2013 fait allusion de manière extrêmement sommaire aux missions des six institutions bénéficiaires de l’aide ministérielle, aucun objectif n’est assigné en contrepartie des sommes allouées et les engagements exigés sont pour le moins minimalistes, l’Institut de France et les académies s’engageant pour l’essentiel à poursuivre l’amélioration de leur gestion conformément aux observations de la Cour. Aucun indicateur de performance n’est proposé pour juger de la mise en œuvre de la convention, laquelle est loin de présenter les caractéristiques d’un contrat d’objectifs et de performance, comme ceux qui lient l’État à ses opérateurs, qualité que l’Institut et les académies ont perdue en 2011[89].
En , soit quatre ans après la bataille d'Hernani, Victor Hugo écrit sa réponse à l'acte d'accusation dans laquelle il dit avoir « mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire »[92].
Dans Les Quarante Médaillons de l'Académie (), Jules Barbey d'Aurevilly dépeint avec hargne l'Académie telle qu'elle était en .
Arthur Rimbaud, dans sa lettre à Paul Demeny du 15 mai 1871, dite Lettre du Voyant, écrit : « - Du reste, toute parole étant idée, le temps d’un langage universel viendra ! Il faut être académicien, - plus mort qu’un fossile - pour parfaire un dictionnaire, de quelque langue que ce soit[93]. »
Jules Barbey d'Aurevilly publie, le , dans le journal Le Gaulois, un brocard à charge contre l'Académie française intitulé « L’Académie sans candidats », dans lequel il charrie la Compagnie de ne pas trouver de candidats et de devoir bientôt chercher à défaut de candidats des candidates[94].
L'Immortel () d'Alphonse Daudet est une nouvelle relatant les manigances électorales d'Émile Zola pour se faire recevoir à l'Académie française.
Anatole France consacre aux académiciens le XIIIe chapitre des Opinions de M. Jérôme Coignard (). Celui-ci aborde avec humour la préférence accordée par les académies à des « compagnons plaisants, faciles, gracieux, des confrères aimables, des hommes entendus et sachant le monde » plutôt qu'à de « grands talents »[95].
Le Roman d'un Académicien, histoire vraie du XVIIIe siècle (), de Mary Summer, évoque la vie d'un Immortel[96].
Dans le roman Le Fauteuil hanté () de Gaston Leroux, les occupants successifs d'un même fauteuil meurent dans des circonstances mystérieuses.
La pièce L'Habit vert () de Flers et Caillavet, où se brigue un fauteuil d'académicien sur fond d'histoire galante.
Dans son Dictionnaire des idées reçues (œuvre posthume publiée en ), Gustave Flaubert mentionne à trois reprises l'Académie française. Il lui donne pour définition : « La dénigrer, mais tâcher d’en faire partie si on peut. », et à l'entrée Fossiles : « Preuve du déluge. — Plaisanterie de bon goût, en parlant d’un académicien. ». Il mentionne une incongruité cocasse du discours de réception d'Eugène Scribe sur Molière[97].
Anatole France parle de l'Académie dans le chapitre XIII intitulé « Comment je devins académicien » dans La Vie en fleur (), où il raconte ses souvenirs de jeunesse[98].
Léon Daudet publie, dans sa série de pamphlets Les Effondrements sociaux, Verts d'Académie et vers de presse (), à charge contre l'Académie.
Eugène Ionesco met en scène, dans La Lacune (), un académicien à qui il ne manquait qu'un seul honneur, celui d'avoir un baccalauréat.
Élisabeth du Closel écrit La Tribu des hommes verts : Académie, mode d'emploi () à l'attention des futurs candidats, qui recueille quelques témoignages des académiciens et caricatures sous forme de dessins[99].
Jean Cau raconte dans Le Candidat, publié de façon posthume en , sa candidature incongrue en au siège d'Edgar Faure[100],[101].
Typhaine D publie dans la revue scientifique GLAD! (numéro Varia de ) un bref texte à propos de la sortie de l'Académie sur le « péril mortel » de la féminisation[102].
Dans le film L'Aile ou la Cuisse () de Claude Zidi, Charles Duchemin, directeur d'un fameux guide gastronomique interprété par Louis de Funès, devient l'un des quarante Immortels.
Musique
Jean Chevrier et Jacques Simonot, dans leur album Le Beau Voyage de Ronsard à Prévert, ont mis en musique l'épigramme d'Alexis Piron « À l'Académie française »[103].
L'auteur-compositeur-interprète Paul Villaz a enregistré un titre satirique « Académie française » sur son 33 tours () dans lequel le personnage est le balayeur de l'Académie[104].
L'auteur-compositeur-interprète Emmanuel Commenges a enregistré « Poète à l'Académie française » dans son album Maintenant = Poésie ()[105].
Télévision
Dans l'émission des Shadocks du , Gabriel Jabbour, dans le rôle d'un académicien, prononce le discours de réception des Shadocks à l'Académie[106].
La série télévisée à sketches Palace (-), créée par Jean-Michel Ribes, inclut une comédie intitulée « Lorsqu'un académicien meurt au Palace, on oublie souvent qu'il s'agit d'un immortel d'où quelques tracas » (au sein de l'épisode 4/6 ou 9/9). L'académicien Henri Roquefort y est sur le point de mourir et cherche son « mot de la fin » destiné à la postérité.
L'épisode « Entre guillemets » de l'émission comique Les Carnets de monsieur Manatane (1997-1998) présente Jean Manatane (joué par Benoît Poelvoorde), fraîchement élu académicien, qui doit parler du rire.
Dans l'émission d'humour On n'demande qu'à en rire (-) du , l'humoriste Paco, pour son 17e passage, a reçu pour sujet imposé « 5 fauteuils libres à l'Académie Française » dans lequel il joue un académicien accueillant les quatre membres du jury ainsi que Jérémy Michalak, animateur, à l'Académie. Il fait entrer trois mots ou expressions d'argot dans le dictionnaire. Enfin, en compagnie de Julie Rattez qui joue Simone Veil, il modernise la fable du Corbeau et du Renard (1668) de l'académicien Jean de La Fontaine.
Les Inconnus réalisent un sketch Apostrofes parodiant l'émission Apostrophes de Bernard Pivot dans laquelle un académicien, Bob Toison dit Bobby, est interrogé sur la réforme de l'orthographe du verlan.
La mini-série Chorégraphie pour une épée (), réalisée par Anne-Cécile Genre, présente l'élaboration et la fabrication de l'épée de l'académicien Pascal Ory.
↑Lettrés de l'époque, ce sont souvent des cadets de famille à qui on ne peut donner l'héritage et la fonction militaire. Ils atteignent 24 ecclésiastiques sur les 40 membres en 1712.
↑La séance solennelle de rentrée des cinq académies perpétue la tradition célébrant cette loi par une séance plénière se tenant le mardi le plus proche du .
↑Lettre du Premier consul à son frère Lucien Bonaparte, datée du 26messidoran VIII ().
↑« L’Académie a cessé, depuis 1890, et sauf cas exceptionnel, de se réunir deux fois par semaine. Aujourd’hui, elle tient séance le jeudi, de quinze heures à seize
heures trente, et ses diverses commissions - du Dictionnaire, de la Francophonie, administrative, des prix littéraires, des œuvres sociales - siègent au cours de la
même journée. »
↑« Depuis 1986, l’Académie nomme à cette commission des membres suppléants. »
↑Leur condamnation à la dégradation nationale, respectivement le et le , provoque automatiquement la destitution et l'exclusion de toutes fonctions, offices publics et corps constitués, mais l’Académie française, tout en reconnaissant la vacance de leurs fauteuils, n’a pas voté sur leur radiation et ils n’ont été remplacés qu’après leur mort.
↑Boudu et Bourdon sont probablement des orthographes fautives pour Jean Baudouin, élu en 1634 et Nicolas Bourbon, élu en 1637.
↑ abcde et fJean de Viguerie, Histoire et dictionnaire du temps des Lumières, R. Laffont, coll. « Bouquins », (ISBN978-2-221-04810-8), p. 687
↑(en) Einar Ingvald Haugen, Anwar S. Dil, The Ecology of Language, Stanford University Press, , p. 169.
↑Paul Pellisson-Fontanier, Pierre Joseph Thoulier d'Olivet et Charles-Louis Livet, Histoire de l'Académie française, vol. 1, (lire en ligne), p. 18.
↑Sur le site de l'Académie française, parmi les « grandes dates », on peut lire : « Le garde des Sceaux, Pierre SÉGUIER, duc de Villemoze, scella les lettres patentes justifiant la constitution de l’Académie le , huit ans jour pour jour avant le décès du Cardinal » et « 1634 : Naissance de l’« Académie française ». Richelieu en sera le protecteur et Valentin Conrart le premier secrétaire perpétuel ».
↑René Pocard du Cosquer de Kerviler et Pierre Séguier, Le chancelier Pierre Séguier second protecteur de l'Académie française : études sur sa vie privée, politique et littéraire et sur le groupe académique de ses familiers et commensaux, Didier, , p. 59.
↑Jean-Pol Caput, L'Académie française, Presses universitaires de France, , p. 9.
↑Paul (1624-1693) Auteur du texte Pellisson-Fontanier et Pierre-Joseph d' (1682-1768) Auteur du texte Olivet, Histoire de l'Académie françoise. Depuis l'établissement de l'Académie jusqu'à 1652, par M. Pellisson/ , par MM. Pellisson et d'Olivet,…, (lire en ligne).
↑Hélène Merlin-Kajman, L'Excentricité académique, éd. Les Belles-Lettres, 2001, 278 p. (ISBN2-251-38052-3).
↑Nicolas Schapira, Un professionnel des lettres au XVIIe siècle : Valentin Conrart, une histoire sociale, éd. Champ Vallon, 2003, p. 77.
↑ a et bHélène Carrère d'Encausse, Des siècles d'immortalité - L'Académie française 1635-…, Fayard, 2011, 401 p.
↑Cité par Tyrtée Tastet, Histoire des quarante fauteuils de l'Académie française depuis la fondation jusqu'à nos jours, 1635-1855, volume I, p. 11-12 (1844).
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Albane Penaranda, « L'Académie française, une vieille dame up-to-date » [audio], émission Les Nuits de France Culture, redifusion de l'émission Grand Angle, « Portrait de l'Académie française » de Christine Goémé (1h01), France Culture, 13 mars 2024 (rediffusion du 31 octobre 1987).