Le ConsortiumMuseum est un centre d'art contemporain basé à Dijon géré par l'association Le Coin du Miroir, active depuis 1977. Depuis 2011, il est installé dans un bâtiment de 4000 m2 conçu par les architectes Shigeru Ban et Jean de Gastines[1].
Histoire
Le Consortium est le premier département géré par l'association Le Coin du Miroir, fondée en 1977, par Xavier Douroux et Franck Gautherot[2].
Ses objectifs sont la production et l’exposition d’œuvres contemporaines, l’enrichissement du patrimoine public en ce domaine, la promotion, la diffusion et la formation à l’art comme à la pensée d’aujourd’hui. Le Consortium s’inscrit également dans une démarche de réflexion et d’expérimentation dans le domaine de l’ingénierie culturelle et l’administration d’actions culturelles et artistiques liés aux Arts Vivants.
Profondément lié au milieu associatif, le Consortium trouve son origine dans ces courants qui, durant les années 1970, se sont donné les moyens d’agir et ont installé, au cœur même du tissu urbain, des structures alternatives conçues comme des contre-pouvoirs et des lieux de parole indépendants. En 1977, Xavier Douroux et Franck Gautherot entre autres fondent l’association Le Coin du Miroir.
Ils sont rejoints en 1983 par Eric Colliard (décédé en 1995), cette même année les associations Le Coin du Miroir, A la limite et Déjà Vu se regroupent en une même entité. Ensemble, ils développent une réflexion critique sur la place et le rôle de l’art. Leurs premières actions se sont réalisées avec les artistes les plus contestataires vis-à-vis du langage ou de la manière de faire de l’art, comme Buren, Mosset, Toroni, Rutault, Boltanski, Messager, Le Gac, Baldessari, Luthi…Installée à ses débuts dans 30 m2 au premier étage d’une librairie alternative, la structure déménage rue Saumaise dans un « appartement-galerie » puis en 1982 occupe finalement un ancien magasin de 600 m2 dans le centre-ville et parallèlement à partir de 1991, une ancienne usine de 4 000 m2 située en proche périphérie.
En 1996, Eric Troncy intègre le centre d’art en tant que codirecteur.
Puis en 2000, Seungduk Kim rejoint l’équipe du Consortium en tant que commissaire associée et directrice de projets internationaux et de développement pour l’Asie. En 2008, le centre d’art investit une boutique au 16 rue Quentin, à l’entrée de l’espace d’exposition, destinée à la vente de livres et de multiples.
En 2014, Le Consortium s'associe au développement du nouveau Asia Culture Center de Gwangju (Corée du Sud) où il dirige l'équipe de design d'espace jusqu'à l'ouverture de ce lieu à l'automne 2015[4].
Le Mur Saint-Bon est un espace d'exposition situé au 8 rue Saint Bon à Paris. Fondé en 2016 par Xavier Douroux et Natacha Carron Vullierme, il permet à des artistes internationaux proches du Consortium de confronter leurs talents, chacun pendant 70 jours, sur un seul et même mur. À ce jour : Sarah Morris, Wade Guyton, Alex Israel(en), Matias Faldbakken(en) et Rachel Feinstein(en)[6].
Les lieux du Consortium
Un appartement de Dijon, qui fut le point de départ de l'association en 1977.
Le premier étage d’une librairie alternative Les Doigts dans la tête.
Un « appartement-galerie » de la rue Saumaise.
En 1982, en centre-ville, un ancien magasin d'électroménager de 300 m2, situé 16 rue Quentin, au fond d'une cour. Le Consortium s'étend sur une surface de 600 m2 comprenant sept salles.
Le nouveau Consortium
Le centre d'art occupe progressivement, à partir de 1991, une ancienne usine de liqueur L'Heritier-Guyot, construite en 1943[7]. La conception est réalisée par l'architecte allemand Hostettler en collaboration avec Joly-Delvalat (1906-1990), professeur à l'Académie des Beaux-Arts de Dijon. L’architecture s’inspire du style international, avec une tendance post-Bauhaus, c’est-à-dire une construction lisse en béton sans ornementation, caractéristique du mouvement moderne où la rationalité et la fonctionnalité déterminent l’esthétique de l’architecture.
Après une rénovation et une extension du bâtiment réalisée sous la conduite des architectes Shigeru Ban, et Jean de Gastines[8], l'espace de 4 000 m², dont 2 000 m² sont réservés aux expositions, est rouvert au public en et inauguré par le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, le [9].
Ce nouveau bâtiment est passé d’un “L” à un rectangle qui englobe une cour intérieure. Tout le rez-de-chaussée a été nivelé pour créer une planéité des circulations qui permet de retrouver une dimension plus humaine avec une cour intérieure, par rapport à la dimension industrielle originelle. Plusieurs gestes de l’architecte sont assez remarquables dans cette extension : tout d’abord la plate-forme élévatrice de 60 m2 située dans le hall en verre, qui permet de monter les œuvres et les personnes au 1er étage ; puis l’impressionnante salle d’une hauteur de 10,30 mètres, dont le mur courbe contourne une maison à l’extérieur du bâtiment ; enfin, surtout visible par beau temps, les portes à galandage qui s’ouvrent sur la cour de toute la hauteur et largeur de l'une des salles.
— Le bureau de graphisme conçoit et réalise des catalogues, affiches et autres documents pour des institutions culturelles.
— Le Bureau d’Études et de Diffusion de l’Art Contemporain (Bedac) prend en charge l’organisation de diverses expositions extra-muros, par exemple : Pierre Huyghe au pavillon français de la Biennale de Venise en 2001, la Biennale d’Art Contemporain à Lyon en 2003, l’exposition Flower Power pour Lille Capitale Européenne en 2004, la Biennale d’Art Contemporain de Valencia en 2005, l’exposition collective Elastic Taboos à la Kunsthalle de Vienne en 2007, l’exposition de commandes publiques Anyang Public Art Project à Anyang en Corée du Sud, l’exposition collective The Alliance à Pékin et Seoul en 2008 ou encore l’exposition d’Olivier Mosset à Pékin, des expositions de Yayoi Kusama à Munich (Haus der Kunst), à Bruxelles (Wiels), à Paris (Parc de la Villette), à Sydney (MCA), des projets de commande dans l’espace public (Marseille-Provence 2013)…
— La collection de plus de 300 œuvres d’artistes internationaux qui ont d’ailleurs fait l’objet d’une exposition au Centre Georges-Pompidou en 1998 et qui fait régulièrement l’objet de prêt pour des expositions à de nombreuses institutions.
— Le département Art & Société : depuis 1991 Le Consortium est médiateur de la Fondation de France pour l’action Nouveaux commanditaires en Bourgogne. Soit, la possibilité pour des individus, des groupes en association, des entreprises en collectivités locales, de passer commande d’une œuvre d’art contemporain dans un contexte de proximité. Grâce à l’investissement de la Fondation aux côtés d’autres mécènes ou partenaires et par la mise à disposition du médiateur, cette initiative originale inscrit la création d’œuvres enrichissant le patrimoine de demain dans des contextes de développement local ou de tissage de liens sociaux. Près de 50 commandes ont déjà été réalisées, depuis des œuvres isolées, destinées à rejoindre les musées jusqu’à des ensembles sur le territoire bourguignon (Université, circuit des lavoirs du Châtillonnais), des peintures (Yan Pei Ming) comme des éclairages publics (Christian Boltanski), des bâtiments (Patrick Berger) jusqu’au centre d’interprétation du Canal de Bourgogne –Cap Canal– à Pouilly-en-Auxois (Shigeru Ban).
Le Turner Prize a été décerné à Mark Leckey en 2008 pour son exposition « Industrial Light & Magic » réalisée au Consortium[10].
Le prix spécial du jury de la Biennale de Venise2001 a été décerné au pavillon français de Pierre Huyghe, dont le Consortium a été le commissaire d'exposition[11]
(en) Franck Gautherot, Xavier Douroux, Astrid Gagnard, Fabian Stech et all, Yan Pei-Ming, Exécution, Dijon, Les presses du réel, , 396 p. (ISBN2-84066-161-6)