Giovanni Costetti

Giovanni Costetti
Autoportrait, huile sur toile, 1920.
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SettignanoVoir et modifier les données sur Wikidata
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Mai Sewell Costetti (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Giovanni Costetti (1874-1949) est un artiste peintre, graveur et écrivain italien.

Biographie

Né à Reggio Emilia le 13 juillet 1874, fils de Luigia Sacchi et du tailleur Massimiliano Costetti, Giovanni fait ses premières études à Bologne et à la Scuola di disegno per operai (école d'arts appliqués pour l'industrie) de Reggio Emilia. Il a un frère aîné, Romeo (1871-1957), qui deviendra également plasticien[1].

Après plusieurs séjours à Turin et en Suisse, où il gagne sa vie en réalisant des illustrations, il obtient en 1897, grâce à l'intérêt que lui portent les artistes de Reggio Emilia Gaetano Chierici et Cirillo Manicardi qui reconnaissent son talent, une bourse de sa municipalité d'origine qui lui permet d'intégrer la Académie du dessin de Florence, dans la classe de Giovanni Fattori. Il a pour condisciples Oscar Ghiglia, Ardengo Soffici, Armando Spadini, Giuseppe Graziosi et Beatrice Ancillotti Goretti, avec lesquels il fréquente les cercles florentins du Caffè Gilli[2].

En 1899, il monte sa première exposition personnelle, Dessins d'après les maîtres de la Renaissance, où il expose des dessins inspirés des œuvres de Giorgione, Giotto et Titien.

En novembre 1900, il séjourna à Paris chez Umberto Brunelleschi et Soffici, où il étudie l'œuvre de Puvis de Chavannes et les symbolistes, découvre les peintures de Paul Cézanne et rencontre les sculpteurs Auguste Rodin et Antoine Bourdelle[3]. À son retour, il s'installe à Florence avec Soffici, Brunelleschi, Giovanni Graziosi et Gino Melis, participant activement à la vie culturelle de la ville. Jusqu'en 1905, il est rédacteur, critique et graveur pour la revue Leonardo, et collabore aux périodiques Hermes, dirigée par Enrico Corradini et Giuseppe Antonio Borgese, La nave dirigée par Gabriele D'Annunzio, et à La Revue du Nord[3].

En 1902, il est présent à la Première exposition internationale d'art décoratif moderne de Turin, et l'année suivante, il expose plusieurs portraits à la Rassegna d'arte de Florence, et neuf dessins à la Biennale de Venise[3].

Entre 1904 et 1906, il abandonne le symbolisme pour commencer à créer des peintures aux traits tendant vers une forme d'expressionnisme.

Soffici ayant rejoint le futurisme, il s'inscrit en rupture, et s'isole, entre Settignano et Pistoia, se consacrant principalement au portrait. En 1912, il expose à la Biennale de Venise des peintures et des dessins. En 1913, il contribue, avec Renato Fondi et Giovanni Michelucci, à la fondation de la Famiglia artistica pistoiese, avec laquelle il organise la Mostra di Bianco e Nero (« exposition de noir et blanc »).

En 1914, il expose douze eaux-fortes lors d'une exposition personnelle avec son frère Romeo au Museo Civico de Reggio Emilia et entame une collaboration avec la revue pistoiaienne La Tempra, qu'il codirigera plus tard avec Fondi.

À partir de 1919, à la fin de la guerre, il se consacre à l'écriture de poésie, d'essais et de pièces de théâtre : en 1921, il publie la pièce L'Idolo et devient par la suite rédacteur en chef du Giornale di Poesia. Il livre des illustrations à L'Eroica.

Sa production artistique, entre 1920 à 1930, tend à montrer qu'il est imprégné d'une profonde spiritualité et d'un mysticisme exacerbés, ce qui le conduit à aborder des thèmes sacrés (Le Bon Samaritain, Au pied de la Croix, L'Injonction) et à faire référence aux philosophies orientales (par exemple, Krishnamurti).

Durant cette période, il collabore aux revues L'Uomo Nuovo, La Via, Fantastica et Sagittario.

En 1923, il épouse en secondes noces la journaliste norvégienne Mary Elizabeth Clare (Mai) Sewell (1892-1975).

En 1925, il cosigne le Manifeste des intellectuels antifascistes initié par Benedetto Croce en réponse aux intellectuels qui avaient diffusé le Manifeste des intellectuels fascistes de Giovanni Gentile. En 1926, il séjourne à Paris, où il rencontre le philosophe Lanza del Vasto qui éveille son intérêt pour les philosophies orientales, ainsi qu'une danseuse américaine, Anieka Yan Leggett, qui devient son modèle pour une série de plus d'une centaine de dessins consacrés à la danse.

En 1928, il voyage entre Oslo et Paris. En 1931, il organise à Berlin une exposition collective d'artistes marqués par les spiritualités, puis à Paris, une exposition personnelle comprenant 55 de ses peintures.

Après avoir fui en 1932 le fascisme en Norvège puis aux Pays-Bas, il revient en Italie en 1948 et meurt à Settignano le 3 septembre 1949.

Postérité

Les manuscrits de Cosetti sont rassemblés dans une collection (le Legato May Sewell Costetti », du nom de sa dernière épouse) conservée depuis 1976 aux Musei Civici de Reggio Emilia. Cette collection comprend une partie de son œuvre littéraire, notamment des pièces de théâtre, des études critiques, des romans, des essais philosophiques et des poèmes[4].

Membre de l'Accademia delle Arti del Disegno de Florence, il eut un certain nombre d'élèves.

Œuvre

Analyse

Artiste aux multiples facettes, animé d'une soif d'expérimentation constante, Costetti est reconnu comme l'un des premiers peintres à avoir introduit le symbolisme nordique et l'expressionnisme en Italie. Il s'est imprégné de ces courants lors de ses fréquents voyages à l'étranger, notamment des thèmes propres à l'art du peintre suisse Arnold Böcklin, thèmes repris plus tard par Giorgio de Chirico au début de sa carrière[2].

Portraitiste, la première phase de sa carrière est inspirée par les modèles naturalistes de la Renaissance (Portrait de Giovanni Papini), marqués par son maître Giovanni Fattori. Bien qu'attiré par le style de Cézanne, il n'adhèrera pas aux canons de l'impressionnisme français.

Dans la seconde phase de sa carrière artistique, il adopte un style d'abord symboliste puis expressionniste, à la fois anti-bourgeois et mystique.

Sa dernière phase artistique est marquée par une forte rébellion contre les politiques culturelles fasciste ; ses œuvres, entre expressionnisme et fauvisme, évoquent la période grise d'un Edvard Munch, traduisant des tourments intérieurs.

Conservation

Ouvrages illustrés - écrits publiés

  • Giuseppe Vannicola, De profundis clamavi ad te, gravures, Florence, Édition de La Revue du Nord, 1905.
  • Fausto Salvatori, La terra promessa, bois gravés, Mila, Fratelli Treves, 1907.
  • Augusto Hermet, Il figlio, bois gravés, Florence, B. Seeber, 1912.
  • G. Costetti, L'idolo, dramma lirico, Florence, Vallecchi, 1921.
  • Renato Fucini, Le veglie di Neri, Florence, Vallecchi Editore, 1924.
  • Ettore Allogoli, Il Collezionista di carta straccia. Novelle, dessins, Florence, Luigi Battistelli Editori, 1925.
  • Dante, Le Paradis, bois gravés, tr. de La Mennais, Paris, Éditions du Bélier, 1932.
  • G. Costetti, Vita e morte, poèmes et dessins, Florence, Vallecchi Editore, 1950.

Galerie

Notes et références

(it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Giovanni Costetti » (voir la liste des auteurs).
  1. (it) « Romeo Costetti », notice biographique, sur ottocento.it.
  2. a et b (en) « Giovanni Costetti », notice biographique, catalogue numérisé des collections du British Museum.
  3. a b et c « Giovanni Costetti », in: G. Fanelli et E. Godolli (dir.), Dizionario degli illustratori e simbolisti Art nouveau, vol. I, Florence, Cantini Editore, 1990, p. 116.
  4. (it) Domenico Fusco, Edizioni originali degli scrittori italiani (1900-1947), Turin, Berruto, 1948, p. 57.
  5. Notice œuvre, Oslo Museum.

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