William Hardham
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William James Hardham, né le à Wellington et mort le à Ngaio (une banlieue de Wellington), est un soldat néo-zélandais décoré de la Croix de Victoria, la plus haute distinction pour bravoure « face à l’ennemi » pouvant être décernée à l'époque aux militaires de l’Empire britannique.
William Hardham est forgeron et soldat à temps partiel dans la milice locale lorsqu'il se porte volontaire pour servir au sein des Forces armées néo-zélandaises pendant la seconde guerre des Boers. Affecté au 4e contingent en 1900, il participe à une patrouille dans le Transvaal, en Afrique du Sud, lorsque celle-ci tombe dans une embuscade. Il se précipite à cheval au secours d'un soldat blessé alors qu'il est sous un feu nourri, ce qui lui vaut la Croix de Victoria. Après avoir quitté les forces armées néo-zélandaises en 1901, il s'y réengage pour une nouvelle période de service lors de la seconde guerre des Boers, mais ne reste que brièvement en Afrique du Sud avant d'être envoyé en Angleterre pour le couronnement du roi Édouard VII et de la reine Alexandra.
De retour à la vie civile, il s'implique de plus en plus dans la gestion du rugby au sein de la Wellington Rugby Football Union ; dans sa jeunesse, il avait d'ailleurs joué au rugby au niveau régional pour Wellington. Il continue également à servir dans la milice. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il s'engage comme volontaire pour servir à l'étranger au sein du Corps expéditionnaire néo-zélandais (NZEF) et est affecté au régiment des Wellington Mounted Rifles (WMR) en tant que capitaine. Blessé lors de la campagne de Gallipoli, il est rapatrié en Nouvelle-Zélande. Une fois rétabli, il est nommé commandant de l'hôpital Queen Mary à Hanmer Springs, mais souhaite réintégrer le NZEF et être affecté à l'étranger. Il réintègre les WMR, alors stationnés en Palestine, à la fin de l'année 1917, mais sa santé est fragile, ce qui a des répercussions sur la suite de son service militaire. Ayant atteint le grade de major à la fin de la guerre, en 1918, il est ensuite démobilisé du NZEF. De retour à la vie civile, il travaille pour un journal, puis au ministère des Travaux publics, tout en s'impliquant dans les affaires des anciens combattants.
Biographie
Jeunesse
William James Hardham naît le à Wellington. Il est le fils de George Hardham, ouvrier, et de son épouse, Ann Hardham, née Gregory. Il fait ses études à la Mount Cook School. Une fois ses études terminées, il trouve un emploi de forgeron. Passionné de sport, il joue au rugby au sein du Petone Rugby Club et représente également Wellington dans le championnat provincial de rugby[1]. Il dispute finalement 53 matchs pour Wellington. Sa carrière militaire débute en 1895, lorsqu'il rejoint l'artillerie navale de Wellington, une unité de milice à temps partiel, au sein de la compagnie de Petone[2].
Afrique du Sud
La seconde guerre des Boers éclate à la suite de tensions entre la République sud-africaine des Boers et les autorités britanniques du Transvaal, en Afrique du Sud, au sujet du contrôle de la région. En , juste avant le début des hostilités, le Parlement néo-zélandais proposa au gouvernement britannique un contingent de fusiliers à cheval issu de la New Zealand Army pour servir en Afrique du Sud, proposition qui fut acceptée[3]. Les volontaires sont nombreux et, dès 1900, deux contingents sont déjà partis au front[4].
William Hardham fait partie des volontaires et est affecté au 4e contingent néo-zélandais en tant que sergent-major maréchal-ferrant[1]. Arrivé en Afrique orientale portugaise en , le quatrième contingent, surnommé les « Rough Riders », est déployé au sein de la Force de campagne rhodésienne dans les environs de Mahikeng[5]. Mis à part une brève opération à Ottoshoop en août, les « Rough Riders » passent la majeure partie de leur service militaire au Transvaal, où ils mènent des patrouilles de reconnaissance et poursuivent les kommandos boers[4]. Dans le cadre des efforts visant à priver les Boers de leurs ressources, ils contribuent également à détruire les récoltes et à rassembler les civils et le bétail, ce qui les amènent parfois à échanger des tirs avec des commandos armés[6]. Le , William Hardham effectue une patrouille près de Naauwpoort, dans le Transvaal, lorsqu’il est pris en embuscade par une vingtaine de Boers. Bien que la patrouille ait réussi à se replier, un homme est blessé et son cheval est abattu sous lui. Voyant cela, William Hardham se précipite à son secours et le met en sécurité sous un feu nourri[2].

En récompense de ses actes, William Hardham est proposé pour la Croix de Victoria (VC)[Note 1],[Note 2] par le général Lord Kitchener, commandant des forces britanniques en Afrique du Sud[2]. La citation accompagnant la VC de Hardham, la première décernée à un Néo-Zélandais appartenant à une unité des Forces armées néo-zélandaises servant à l'étranger, se lit comme suit :
« On 28 January 1901, near Naauwpoort, this Non-Commissioned Officer was with a section which was extended and hotly engaged with a party of about 20 Boers. Just before the force commenced to retire Trooper McCrae was wounded and his horse killed. Farrier-Major Hardham at once went under a heavy fire to his assistance, dismounted and placed him on his own horse, and ran alongside until he had guided him to a place of safety. »
« Le 28 janvier 1901, près de Naauwpoort, ce sous-officier faisait partie d’une section qui, étirée sur une grande longueur, était engagée dans un combat acharné contre un groupe d’une vingtaine de Boers. Juste avant que la troupe ne commence à se replier, le soldat McCrae fut blessé et son cheval tué. Le maréchal-major Hardham se précipita aussitôt à son secours sous un feu nourri, mit pied à terre, l'installa sur son propre cheval et courut à ses côtés jusqu'à ce qu'il l'ait conduit en lieu sûr. »
William Hardham se voit remettre la Croix de Victoria (VC) – la seule distinction de ce type décernée à un Néo-Zélandais pendant la guerre des Boers – le par George, prince de Galles, qui effectue alors une visite en Afrique du Sud. Cet événement a lieu avant même que la distinction ne soit officiellement annoncée dans la London Gazette. Au moment de la remise de la Croix de Victoria, le dos de la barrette et le revers de la médaille elle-même ne portent pas, contrairement à la pratique habituelle, la gravure de son nom, de son grade, de son unité et de la date de l'action ayant donné lieu à cette distinction ; William Hardham se charge sans doute lui-même de faire graver ces informations par la suite[2],[7]. Les « Rough Riders » passent les dernières semaines de leur service en Afrique du Sud à mener des opérations au nord de Klerksdorp, effectuant des patrouilles et privant les commandos boers de vivres. Ils participent également à la capture d'un convoi du commando de Koos de la Rey en . Le contingent part pour la Nouvelle-Zélande en [9] et William Hardham est démobilisé deux mois plus tard[2].

Il se porte volontaire pour servir à nouveau en Afrique du Sud, cette fois au sein du 9e contingent, avec le grade de lieutenant en [2]. Peu après l'arrivée du 9e contingent en Afrique du Sud fin avril[10], William Hardham et plus de 50 autres fusiliers à cheval néo-zélandais, en service en Afrique du Sud, sont envoyés en Angleterre pour rejoindre la délégation officielle néo-zélandaise assistant au couronnement du roi Édouard VII et de la reine Alexandra, et participent à un défilé des troupes coloniales à Londres le [2],[11],[12].
Vie civile
Après son séjour à Londres, William Hardham reprend la vie civile tout en continuant à servir au sein de l’artillerie navale. En 1910, après avoir atteint le grade de sergent et servi comme volontaire dans la milice pendant seize ans, il reçoit la Médaille du service long et méritoire. Parallèlement à son métier de forgeron, il s'implique de plus en plus dans l'administration du rugby ; en 1908, il entame un mandat de six ans au sein du comité de la Wellington Rugby Football Union[2].
Première Guerre mondiale
Au début de la Première Guerre mondiale, en 1914, William Hardham s'engage comme volontaire dans le Corps expéditionnaire néo-zélandais (NZEF), constitué pour servir à l'étranger[2]. Nommé capitaine au sein du régiment des Wellington Mounted Rifles (WMR), il occupe le poste de commandant en second du 2e escadron. À bord du navire de transport de troupes Arawa, il s'embarque avec le gros du Corps expéditionnaire néo-zélandais (NZEF) à destination du Moyen-Orient en [13]. Son régiment fait partie de la New Zealand Mounted Rifles Brigade et doit participer à la campagne de Gallipoli[14]. À leur arrivée en Égypte, les WMR suivent une formation de plusieurs mois et, pendant cette période, William Hardham contribue à l'organisation d'événements sportifs afin d'occuper les hommes[15].
Gallipoli
Bien que les WMR n'ait pas participé aux premiers débarquements du à Gallipoli, il arrivent sur la péninsule quelques semaines plus tard, le , sans leur chevaux[14]. En l'espace de quelques jours, les WMR sont impliqués dans les combats. Lors de l'assaut turc sur la baie Anzac, le , les WMR contribuent à repousser les attaques à Quinn's Post. Plus tard dans la journée, William Hardham reçoit l'ordre de mener un détachement d'assaut sur le tronçon de crête appelé le Nek, d'où des soldats turcs tirent en embuscade. La zone sur laquelle le détachement doit avancer est balayée par des tirs de mitrailleuses turques et les ordres d'attaque sont annulés[16]. Peu après, il participe à la bataille du poste n° 3, une opération visant à s'emparer d'un avant-poste turc. Saisi par les Canterbury Mounted Rifles le , un escadron des WMR prend immédiatement le contrôle de la position, mais est attaqué dans la soirée et se retrouve isolé pendant plus de 24 heures. Alors qu'il participe aux efforts visant à secourir l'escadron assiégé, William Hardham est grièvement blessé ; un autre officier venant à son secours est également blessé. Les soldats des WMR pris au piège sont secourus le et la position, trop exposée à de nouvelles attaques turques, est abandonnée[17],[18].
Plus tard pendant la guerre
Bien qu'il ait été soigné pour ses blessures, qui touchaient sa main et sa poitrine, William Hardham est rapatrié en Nouvelle-Zélande en [2]. Peu après son retour, le , il épouse Constance Evelyn, née Parsonson, à l'église Saint-Pierre de Wellington. Son frère est le témoin lors de la cérémonie[19]. Il milite pour reprendre du service actif au sein des Forces armées néo-zélandaises (NZEF), mais se voit attribuer à la place le poste de commandant de l'hôpital Queen Mary à Hanmer Springs. Ce poste, initialement temporaire, lui réussit si bien qu'il est transformé en poste permanent et qu'il est promu au grade de major[2].
William Hardham continue à chercher un poste au sein des Forces armées néo-zélandaises (NZEF) et, fin 1917, les autorités militaires finissent par céder ; il peut ainsi réintégrer les WMR, qui participent alors à la campagne de Palestine. Sa santé est fragile et il reste malade pendant une grande partie du reste de la guerre[2]. Il est finalement rapatrié en Nouvelle-Zélande, atteint de paludisme[1].
Fin de vie, mort et postérité

Après la guerre, William Hardham cherche à intégrer les Forces armées néo-zélandaises en tant que militaire de carrière. Sa candidature est rejetée pour des raisons de santé et il est officiellement démobilisé de la NZEF en [2]. Incapable de reprendre son métier de forgeron en raison de son état de santé précaire, il trouve un emploi au journal The Dominion, basé à Wellington, puis au sein du ministère des Travaux publics. Il s'implique dans les affaires des anciens combattants, en tant que responsable du club de l'Association des soldats de retour à Wellington et en organisant les défilés de la Journée de l'ANZAC[1].
William Hardham continue à s'impliquer dans l'administration du rugby, siégeant à nouveau au comité de la Wellington Rugby Football Union de 1921 à 1925. Il est finalement nommé membre à vie[1]. Lorsqu'il était écolier, le futur commentateur de rugby Winston McCarthy a rencontré William Hardham, qu'il décrira plus tard comme « un homme très taciturne et simple » qui lui avait offert un ouvrage historique sur le rugby[20].
Atteint d'un cancer de l'estomac, William Hardham meurt à son domicile, dans la banlieue de Ngaio, le , à l'âge de 51 ans. Il a droit à des funérailles militaires auxquelles assiste le Premier ministre de Nouvelle-Zélande, Gordon Coates[2],[21],[22], et est inhumé au cimetière de Karori, à Wellington[1]. Sa Croix de Victoria est exposée au Musée national de l'armée à Waiouru. La Hardham Cup, un trophée décerné lors d'un tournoi de rugby à Wellington, est nommée en son honneur[2] et une plaque commémorative lui rend hommage dans les Queen's Gardens à Dunedin[23].
Décoration
Notes et références
Notes
- ↑ Créée en 1856, la Croix de Victoria était la plus haute distinction pour bravoure pouvant être décernée à un militaire de l'Empire britannique[7].
- ↑ Le commandant local, le major général Ian Hamilton, estimait que la Médaille de conduite distinguée, qui n’est surpassée que par la Croix de Victoria, constituait une forme de reconnaissance plus appropriée pour William Hardham. Cependant, le commandant en chef de l’armée britannique, le Field marshal Earl Roberts, se rangea derrière l’avis de Lord Kitchener et la nomination à la Croix de Victoria fut approuvée[2].
Références
- Crawford 1996.
- Harper et Richardson 2007, p. 85-88.
- ↑ McGibbon 2000, p. 59.
- Harper et Richardson 2007, p. 78-80.
- ↑ Hall 1949, p. 40-41.
- ↑ Hall 1949, p. 44.
- McGibbon 2000, p. 558-559.
- ↑ The London Gazette 1901.
- ↑ Hall 1949, p. 45.
- ↑ Hall 1949, p. 76.
- ↑ The Evening Post 1902.
- ↑ Otago Daily Times 1902.
- ↑ Wilkie 2016, p. 6-7.
- Stowers 2015, p. 95.
- ↑ Wilkie 2016, p. 12.
- ↑ Wilkie 2016, p. 22-23.
- ↑ Stowers 2015, p. 99-100.
- ↑ Wilkie 2016, p. 27-32.
- ↑ The Dominion 1916.
- ↑ McCarthy et Howitt 1983, p. 67.
- ↑ The Evening Post 1928.
- ↑ The New Zealand Herald 1928.
- ↑ aucklandmuseum.com.
Bibliographie
- [Crawford 1996] (en) J. A. B. Crawford, « Hardham, William James », dans Dictionary of New Zealand Biography, (lire en ligne).
- [Hall 1949] (en) D. O. W. Hall, The New Zealanders in South Africa 1899–1902, Wellington (Nouvelle-Zélande), War History Branch, Department of Internal Affairs, (OCLC 911256466).
- [Harper et Richardson 2007] (en) Glyn Harper et Colin Richardson, In the Face of the Enemy: The Complete History of the Victoria Cross and New Zealand, Auckland (Nouvelle-Zélande), HarperCollins, (ISBN 978-1-86950-650-6).
- [McCarthy et Howitt 1983] (en) Winston McCarthy et Bob Howitt, Haka: The Maori Rugby Story, Auckland (Nouvelle-Zélande), Rugby Press, (ISBN 0-90-8630-077).
- [McGibbon 2000] (en) Ian McGibbon, The Oxford Companion to New Zealand Military History, Auckland (Nouvelle-Zélande), Oxford University Press, (ISBN 0-19-558376-0).
- [Stowers 2015] (en) Richard Stowers, Heroes of Gallipoli, Christchurch (Nouvelle-Zélande), John Douglas Publishing, (ISBN 978-0-9941059-5-0).
- [Wilkie 2016] (en) A. H. Wilkie, Official War History of the Wellington Mounted Rifles Regiment, 1914–1919, Auckland (Nouvelle-Zélande), Whitcombe and Tombs, (1re éd. 1924) (ISBN 978-1-84342-796-4, lire en ligne [archive du ]).
Périodiques
The Evening Post
- [The Evening Post 1902] (en) « The Coronation », The Evening Post, vol. LXIII, no 138, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- [The Evening Post 1928] (en) « Obituary – Major Hardham V.C. », The Evening Post, vol. CV, no 88, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
Autres
- [Otago Daily Times 1902] (en) « An Imperial Review », Otago Daily Times, no 12395, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- [The Dominion 1916] (en) « Wedding in St. Peter's », The Dominion, vol. 9, no 2719, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- [The New Zealand Herald 1928] (en) « Late Major Hardham – Funeral at Wellington », The New Zealand Herald, vol. LXV, no 19923, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- [The London Gazette 1901] (en) « War Office », The London Gazette, no 27362, , p. 6481 (lire en ligne).
Liens externes
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- [aucklandmuseum.com] (en) « Cenotaph Record: Hardham, William James » [archive du ], sur Online Cenotaph, Auckland War Memorial Museum (consulté le ).
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