Paul Camous
| Paul Camous | |
Paul Camous, préfet de la Loire, en 1971. | |
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|---|---|
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Nice (Alpes-Maritimes) |
| Date de décès | (à 94 ans) |
| Lieu de décès | Paris 14ᵉ |
| Nationalité | Française |
| Père | Léon Camous |
| Mère | Rosine Falicon |
| Conjoint | Josette Grinda |
| Profession | Haut fonctionnaire, préfet, administrateur de sociétés, auteur |
| Distinctions | Grand officier de la Légion d'honneurCommandeur de l'ordre national du Mérite |
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Paul Camous, né le 13 juillet 1922 à Nice (Alpes-Maritimes) et mort le 20 avril 2017 dans le 14e arrondissement de Paris, est un haut fonctionnaire et préfet français[1].
Après avoir exercé plusieurs fonctions dans l'administration préfectorale et dans des cabinets ministériels, il est préfet délégué chargé de l'organisation du Val-de-Marne de 1964 à 1967, puis directeur du cabinet d'Olivier Guichard[1],[2]. Il est ensuite préfet de la Loire de 1969 à 1973, puis préfet de la région Pays de la Loire et préfet de la Loire-Atlantique de 1973 à 1976[1],[3].
Biographie
Formation et débuts dans l'administration
Paul Camous naît le 13 juillet 1922 à Nice. Après des études de lettres et de droit à Aix-en-Provence, il entre dans l'administration préfectorale au lendemain de la Libération[1].
Il exerce successivement les fonctions de chef de cabinet du préfet des Alpes-Maritimes, de chef adjoint du cabinet du préfet de la Loire-Inférieure, puis de chef de cabinet du préfet de la Meuse[1].
Il est nommé sous-préfet de Sainte-Menehould en 1953. Il est ensuite chef adjoint du cabinet du ministre de la France d'outre-mer, puis sous-préfet de Rethel et de Bayeux[1].
À la fin des années 1950, il est conseiller technique au cabinet de Louis Jacquinot, ministre d'État. Il devient ensuite secrétaire général de la préfecture de l'Oise, avant d'être détaché auprès du Premier ministre comme chef du service régional et chargé de mission à la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR)[1],[2].
Coulisses et tractations lors du congrès de 1953
Dans ses souvenirs[4], Paul Camous relate les tractations menées en marge des scrutins au château de Versailles par l'intermédiaire de François Luchaire, gravitant autour du candidat Louis Jacquinot avant le ralliement décisif à René Coty :
« Quelques jours avant l’élection cependant, Luchaire, sans me donner d’explication, passa la tête dans le bureau que je partageais avec Paul Masson, qui venait de nous rejoindre. Il me jeta trois phrases : « Paul, voyez un peu cette affaire de Versailles. Débrouillez-vous pour être sur place le moment venu. Ce ne sera pas facile. Mais nous aurons un point d’attache à l’intérieur de l’enceinte réservée. Voyez cela avec Michel Aubert. Vous connaissez son appartement de questeur de l’assemblée de l’Union française, dans l’aile gauche du château ». Un point c’est tout. Pas même un petit « tenez-moi au courant ». Je savais que l’élection présidentielle avait lieu à Versailles. Je n’avais pas besoin qu’il me fasse un dessin ! [...]
La suite est connue. Après quelques nouveaux échanges, chez le voisin dont l’un entre Chaban et Jacquinot fut long et certainement important, le « solide Lorrain », ancien ministre du général de Gaulle, était présenté « aux suffrages du Congrès » par ses amis « indépendants et paysans ». Après treize tours de scrutin, cette candidature paraissait à même de recevoir l’adhésion de la majorité gouvernementale et du Congrès. Mais très vite nous avons dû constater que ce n’était pas un point de vue unanimement accepté par cette « majorité ».
Un seul tour de scrutin confirma à Jacquinot – avant même le dépouillement du vote – l’hostilité hargneuse des dirigeants du MRP. Elle n’était pas seulement politique. Notre ministre y répondit par l’élégance du comportement, la rapidité du retrait, malgré un très bon score, et surtout avec l’apport de son désistement à René Coty, qui fut élu sans problème. Luchaire avait beaucoup conversé les jours précédents, avec ce sénateur peu connu jusqu’alors. Il semble avoir aussi, rappelé, en quelques bons endroits, qu’absent pour congé de maladie, le sénateur normand n’avait pas eu à « prendre parti » par un vote lors du débat crucial sur l’Armée européenne et la CED. »
Préfet délégué du Val-de-Marne
La loi du 10 juillet 1964 relative à la réorganisation de la région parisienne crée notamment le département du Val-de-Marne. Paul Camous est nommé préfet délégué pour ce département en septembre 1964[2].
Il est chargé de préparer l'organisation administrative du nouveau département, dont l'existence effective intervient le 1er janvier 1968[1],[5]. Il exerce les fonctions de préfet délégué du Val-de-Marne jusqu'en 1967[1].
Durant cette période, les services de l'État sont regroupés à Créteil et une sous-préfecture est créée à Nogent-sur-Marne en 1966. En 1967, le conseil général du Val-de-Marne est installé et vote son premier budget[5].
Directeur de cabinet ministériel
En 1967, Paul Camous devient directeur du cabinet d'Olivier Guichard, ministre de l'Industrie. Il conserve cette fonction lorsque celui-ci devient ministre chargé du Plan et de l'Aménagement du territoire[1],[6].
Réponse à « Quand la France s'ennuie » et référendum de 1969
Proche d'Olivier Guichard, Paul Camous rédige pour ce dernier une réponse directe au célèbre éditorial de Pierre Viansson-Ponté, « Quand la France s'ennuie », paru dans Le Monde peu avant les événements de mai 1968[7]. Estimant que le texte de Viansson-Ponté constituait un contresens voire un appel à la violence occultant les profondes mutations structurelles en cours, Camous souhaite initialement titrer sa réplique « Appel à la violence ». Le texte est finalement intitulé « Le monde où l'on s'ennuie » sur suggestion de Daisy de Galard, avant d'être publié dans L'Express par l'intermédiaire de Georges Suffert[7].
Fervent partisan de la réforme régionale et de la transformation du Sénat portée par le Général de Gaulle, il considère l'échec du référendum de 1969 comme un regret majeur[7]. Il y voit la résistance du clientélisme local et des notables régionaux face aux tentatives de modernisation de l'État défendues au banc des ministres par Jean-Marcel Jeanneney et Olivier Guichard[7].
Préfet de région
Paul Camous est nommé préfet de la Loire en 1969. Il exerce cette fonction jusqu'en 1973[1].
En décembre 1973, il est nommé préfet de la région Pays de la Loire et préfet de la Loire-Atlantique, en remplacement de Michel Grollemund[3]. Il occupe ces deux fonctions jusqu'en 1976[1].
À partir de 1976, il est directeur de cabinet, puis chargé de mission auprès de Christian Beullac, ministre du Travail. Il travaille également auprès de celui-ci lorsque ce dernier devient ministre de l'Éducation nationale, entre 1978 et 1981[1],[6].
En tant que préfet de la région Pays de la Loire et de la Loire-Atlantique au début des années 1970, il joue un rôle direct dans les prémices du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. C'est sous son autorité préfectorale qu'est signée en 1974 la création de la zone d'aménagement différé (ZAD), initialement destinée à geler les terrains en vue de la construction de la future infrastructure aéroportuaire[8].
À cette même période, il ouvre officiellement en janvier 1974 la première session du conseil régional des Pays de la Loire[9].
Parc naturel régional du Pilat (1974)
En tant que préfet de la Loire, Paul Camous préside en 1974 à la création du Parc naturel régional du Pilat[10].
Sidérurgie
De 1977 à 1982, il préside la Mission interministérielle de contrôle des entreprises sidérurgiques[1], poste auquel il est nommé en conseil des ministres le 17 août 1977. Cette Mission est chargée d'exercer le contrôle économique et financier de l'État sur les groupes sidérurgiques (Usinor, Sacilor-Sollac, Solmer) bénéficiant des prêts du Fonds de développement économique et social (FDES)[11].
Après la fonction publique : secteur de la consommation et médias
Mis en congé spécial en 1982, Paul Camous poursuit ensuite une activité dans le secteur privé et dans les organismes liés à la consommation[1].
Aux côtés des fondateurs et dirigeants des grandes enseignes françaises (Marcel Fournier et la famille Defforey pour Carrefour, les Bouriez pour Cora, les Guichard pour Casino, les Halley pour Promodès ou encore Gérard Mulliez pour Auchan), il participe activement à la création de l'Institut du Commerce et de la Consommation (ICC), un organisme de réflexion, d'échanges et de lobbying réunissant les nouveaux entrepreneurs du commerce[12]. Il dirige l'ICC de sa création en avril 1982 jusqu'en juin 1992[13].
Devenu délégué au commerce et à la consommation, il est également une figure familière de l'émission politique télévisée L'Heure de vérité sur Antenne 2. Ami de longue date du présentateur François-Henri de Virieu, il assiste à plus de 150 enregistrements sur le plateau durant les dix premières années du programme, au point d'en être régulièrement qualifié de « porte-chance » ou de « meuble meublant » de l'émission[14].
L'homme de réseaux et d'influence
Figure influente des cercles parisiens, Paul Camous joue un rôle de passerelle entre la haute administration, le monde politique et les chefs d'entreprise[15]. Présenté par les journalistes Sophie Coignard et Marie-Thérèse Guichard comme le fondateur sous la IVe République du club « l'Ascenseur » — lieu de rencontre entre jeunes énarques et dirigeants —, il nuance lui-même cette paternité tout en reconnaissant son rôle d'animateur au sein de ce cénacle destiné à « créer l'amalgame »[15],[16]. Prônant une influence fondée sur la mise en relation et la réciprocité de services, il a appartenu à plusieurs des grands cercles de l'après-guerre, tels que Le Siècle, le Club Jean-Moulin, la Fondation Saint-Simon et le Club des Cent[16].
Parcours administratif
| Période | Fonctions |
|---|---|
| 1945 | Chef de cabinet du préfet des Alpes-Maritimes |
| 1946-1947 | Chef adjoint du cabinet du préfet de la Loire-Inférieure, puis chef de cabinet du préfet de la Meuse |
| 1953-1958 | Sous-préfet de Sainte-Menehould, chef adjoint du cabinet du ministre de la France d'outre-mer, sous-préfet de Rethel puis de Bayeux |
| 1958-1960 | Conseiller technique au cabinet de Louis Jacquinot |
| 1960-1963 | Secrétaire général de la préfecture de l'Oise |
| 1963-1964 | Chef du service régional et chargé de mission à la DATAR |
| 1964-1967 | Préfet délégué pour le Val-de-Marne |
| 1967-1969 | Directeur du cabinet d'Olivier Guichard |
| 1969-1973 | Préfet de la Loire |
| 1973-1976 | Préfet de la région Pays de la Loire et préfet de la Loire-Atlantique |
| 1976-1981 | Directeur de cabinet puis chargé de mission auprès de Christian Beullac |
| 1977-1982 | Président de la Mission interministérielle de contrôle des entreprises sidérurgiques |
Les éléments de carrière présentés dans ce tableau sont notamment établis à partir de la notice des Archives nationales.[1]
Décorations
- Grand officier de la Légion d'honneur, élevé à cette dignité par décret du 11 juillet 2003[17].
Publications
- Le Référendum de 1969 (essai de réforme administrative sur la région), Paris, Éditions Cujas, 1970 (rééd. 1972).
- La Révolte des consommateurs d'école, Paris, 1983.
- Le Commerce dans la société de consommation, Paris, 1987.
- L'Europe entre l'ordre bureaucratique et l'ordre marchand, Paris, 1989.
- Le partage en héritage : conversation avec Paul Camous, Paris, Éditions du Club de Verzy, 2012.
Notes et références
- « Camous, Paul (1922-2017) », sur GARANCE — Répertoire national des agents, Archives nationales (consulté le )
- « Le gouvernement a nommé les cinq préfets délégués des nouveaux départements », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- « Nomination de trois préfets de région », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Paul Camous, « Regards d’amitié sur François Luchaire Un républicain, un homme des lumières l’influence par la pensée, la parole et l’action p. 219-255 », (consulté le )
- « L'histoire du Val-de-Marne », sur Préfecture du Val-de-Marne, Préfecture du Val-de-Marne (consulté le )
- « Un collaborateur de M. Beullac », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- Club de Verzy, Le partage en héritage : conversation avec Paul Camous, , 194 p. (ISBN 9781471731907)
- ↑ « NDDL. Le préfet Paul Camous est décédé », Ouest-France, (lire en ligne).
- ↑ « Première réunion du Conseil Régional en janvier 1974 - ouverture par le Préfet de Région Paul Camous », sur SoundCloud, Région Pays de la Loire.
- ↑ « Visite du Préfet qui créa le Parc du Pilat en 1974 », La Lettre du Cercle, Cercle pour l'Aménagement du Territoire, no 44, (lire en ligne)
- ↑ « Le contrôle de l'État sur la sidérurgie : M. Paul Camous est placé à la tête d'une mission interministérielle », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ Armand Braun, L'ICC et la modernisation du commerce, CRC / Institut de l'entreprise.
- ↑ « L'ICC choisit un successeur à Paul Camous », Les Echos, (lire en ligne)
- ↑ Sophie Grassin, « Mes 150 heures de vérité : Paul Camous : « Ah ! on a vécu de grands moments ! » », L'Express, .
- Sophie Coignard et Marie-Thérèse Guichard, Les Bonnes Fréquentations : Histoire secrète des réseaux d'influence, Grasset, (ISBN 978-2-246-53891-2), p. 121.
- Club de Verzy 2012, p. 22, 108.
- ↑ « Décret du 11 juillet 2003 portant élévation aux dignités de grand-croix et de grand officier », sur Légifrance, Journal officiel de la République française, (consulté le )
Voir aussi
Bibliographie
- René Bargeton, Dictionnaire biographique des préfets : septembre 1870 - mai 1982, Paris, Archives nationales, , 664 p.
- Emmanuel Bellanger (dir.) et Julia Moro (dir.), Le Val-de-Marne : anthologie 1964-2014, Ivry-sur-Seine, Éditions de l'Atelier, , 304 p.
Archives
Archives nationales (France) :
- Fonds individuel de préfet Paul Camous (cote 4 A 1/2094).
- Dossier de préfet (cote 19930584/14, notice Bargeton d_344).
- Notice d'autorité de producteur FRAN_NP_051813 (Camous, Paul).
Articles connexes
- Loi du 10 juillet 1964
- Réorganisation de la région parisienne en 1964
- Liste des préfets du Val-de-Marne
- Liste des préfets de la Loire
- Liste des préfets de la Loire-Atlantique
- Délégation interministérielle à l'aménagement du territoire et à l'attractivité régionale
Liens externes
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