Tour Chappe du Mont-Dol
| Tour du télégraphe Chappe du Mont-Dol | |
Notre-Dame de l’Espérance, Le Mont-Dol (Paul Joseph Corta) | |
| Coordonnées | 48° 34′ 20″ nord, 1° 46′ 00″ ouest |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Bretagne |
| Département | Ille-et-Vilaine |
| Commune | Mont-Dol |
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| Chapelle Notre-Dame-de-l'Espérance | |
| Présentation | |
|---|---|
| Culte | Catholique |
| Type | Chapelle |
| Fin des travaux | 1857 |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Bretagne |
| Département | Ille-et-Vilaine |
| Ville | Mont-Dol |
| Coordonnées | 48° 34′ 20″ nord, 1° 46′ 00″ ouest |
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La tour du télégraphe Chappe du Mont-Dol devenue Tour et chapelle de Notre-Dame-de-l'Espérance, est un des relais de l'ancienne ligne télégraphique Chappe (Paris-Brest) sur le secteur Avranches-Brest, situé au Mont-Dol. Peu de visiteurs savent qu'avant d'être un lieu de culte, la tour était dédiée à la télégraphie, puis depuis la fin du XIXe siècle à nouveau une chapelle[1]. Un message codé pouvait être transmis de Paris à Brest en une vingtaine de minutes, un exploit remarquable à une époque où les communications dépendaient encore essentiellement du cheval et des courriers[2][3].
Histoire
La tour du télégraphe Chappe est une station construite en 1798[4] dans le cadre de la ligne télégraphique reliant Paris à Brest, elle constitue l'un des rares vestiges du réseau imaginé par Claude Chappe. Les communications entre Paris et Saint-Malo furent ouvertes le [4].
Claude Chappe a lui-même participé à la reconnaissance des emplacements destinés à accueillir les stations de cette ligne. La liaison Paris-Brest passant par le Mont-Dol fonctionnera jusqu'en , avec la fin du système Chappe suite à l'arrivée du Télégraphie électrique[5].
Localisation
Le Mont-Dol offre une vue exceptionnelle sur la baie du Mont-Saint-Michel, Cancale, Dol-de-Bretagne et une grande partie du littoral nord de la Bretagne. Cette position remarquable en a fait depuis des siècles un lieu privilégié pour l'implantation de sites religieux et de postes d'observation[6]. Selon plusieurs traditions et découvertes archéologiques, le sommet aurait accueilli des lieux de culte très anciens. Des vestiges associés aux cultes gallo-romains, notamment à Mithra, auraient été découverts sur le site[1].
Historique
Construction
A cet emplacement se situait jusqu´à la Révolution des vestiges d´une ancienne chapelle d´un prieuré bénédictin dépendant de l´abbaye du Mont-Saint-Michel. Cette dernière était toutefois mentionnée en ruines. Ses matériaux sont utilisés vers 1802 pour la construction d´un télégraphe Chappe de la ligne Paris-Brest[7].
Émeutes
L’émeute frumentaire de Dol-de-Bretagne, est survenue dans la soirée du [8], suite aux difficultés d’approvisionnement en céréales au XIXᵉ siècle. Au cours de cette nuit agitée, des habitants pauvres de la ville prennent le contrôle des rues et saccagent la demeure d’un marchand de grains[8]. Informé des événements, le sous-préfet de Saint-Malo, Godfroy, fait appel à l’inspecteur du télégraphe Auguste Kermabon, dont il connaît les compétences. Celui-ci est dépêché à Dol afin d’assurer une liaison rapide entre Saint-Malo et le procureur du Roi envoyé sur place le . La station télégraphique du Mont-Dol, située à environ 2,7 km au nord de la Cathédrale Saint-Samson de Dol-de-Bretagne, permet la mise en œuvre d’une ligne de communication temporaire d’environ 24 km. Auguste Kermabon, familier de ce dispositif[9], se rend successivement dans les postes de Saint-Malo, Saint-Méloir-des-Ondes et du Mont-Dol pour transmettre des consignes particulières aux agents. Il est probable qu’il ait également adapté un dispositif sommaire destiné à transmettre des messages depuis les tours de la cathédrale de Dol[8].
Malgré ces préparatifs, la communication n’est pas ouverte dans la journée du [10].
Moulin à vent

Au début de l'année 1842[8], Auguste Kermabon est de nouveau envoyé au Mont-Dol à la demande du sous-préfet de Saint-Malo car les autorités souhaitent alors déterminer si la cession d'une parcelle communale destinée à la construction d'un moulin à vent risque d'entraver le fonctionnement de la ligne télégraphique[11].
À la fin de l'année 1843, Auguste Kermabon envisage une réorganisation plus ambitieuse de la ligne télégraphique située à l'est de Saint-Malo. Dans une lettre adressée au sous-préfet Frossard le , il propose de supprimer les postes de Saint-Méloir-des-Ondes et du Mont-Dol afin de les remplacer par une unique station installée sur le clocher de l'église Saint-Méen de Cancale[8]. Ce projet s'inscrit dans une logique de rationalisation du réseau. Les distances séparant les différents postes montrent en effet que la nouvelle implantation permettrait d'assurer directement certaines communications. Le projet ne fut cependant adopté qu'en partie. L'administration n'autorisa pas la suppression de la station du Mont-Dol, considérée comme un maillon stratégique de la ligne[8].
Auguste Kermabon intervient une nouvelle fois sur le site du Mont-Dol en 1846[8], à l'occasion d'un second projet de moulin à vent[12].
Déclin et reconversion
Le système n'est plus utilisé à compter de 1854. L'arrivée du télégraphe électrique au milieu du XIXe siècle rend progressivement obsolète le système Chappe. Le réseau optique cesse alors son activité. Le télégraphe aérien du Mont-Dol cesse définitivement de fonctionner en 1853. En 1856, la commune du Mont-Dol achète la haute tour du télégraphe[8] et récupère le bâtiment désaffecté.
La commune met à la disposition de la Fabrique paroissiale et du recteur du Mont-Dol, l'abbé François Deminiac, la tour[8]. En 1857, il est décidé d'en faire une petite chapelle consacrée à Notre-Dame-de-l'Espérance, protectrice des laboureurs et des marins. L'abbé ne laisse que le rez-de-chaussée et rétablit la fonction première du bâtiment[13]. La tour du télégraphe est arasée au deux-tiers[14] où il aménage une petite chapelle[1]. La nouvelle chapelle est consacrée le [15] avec la bénédiction de Godefroy Brossay-Saint-Marc, évêque de Rennes[14].
La statue sur la plate-forme supérieure est l'œuvre du sculpteur rennais Rouaux[16]. Lors des épisodes de Tempêtes de l'hiver 1990 en Europe, le , un éclair pulvérise la statue de Notre-Dame-de-l'Espérance, ainsi que la partie supérieure de la tour[14].
La transformation en chapelle
- La tour Chappe, devenue chapelle
-
Tour de Notre-Dame d'Espérance
Notes et références
Notes
Références
- Ancienne chapelle Saint-Michel ; ancien télégraphe ; actuellement chapelle Notre-Dame de l'Espérance, Le Tertre (Mont-Dol)
- ↑ Tourisme en Bretagne
- ↑ Randonnée
- Annales de la Société d'histoire et d'archéologie de l'arrondissement de Saint-Malo, 1991, p. 41.
- ↑ Pierre Archangeli, La télégraphie en Ille-et-Vilaine au XIXe siècle, Les Cahiers de la FNARH n°146, 2022 [1]
- ↑ Tour Notre-Dame de l’Espérance
- ↑ « Ancienne chapelle Saint-Michel ; ancien télégraphe ; actuellement chapelle Notre-Dame de l'Espérance, Le Tertre (Mont-Dol) - Inventaire Général du Patrimoine Culturel » [archive du ], sur patrimoine.bzh (consulté le )
- Annales de la Société d'histoire et d'archéologie de l'arrondissement de Saint-Malo, 1999, p. 196.
- ↑ Ce type de liaison exceptionnelle existe déjà sur la quatrième division télégraphique. Elle permet notamment au directeur de la Maison centrale du Mont-Saint-Michel de prévenir les autorités d’Avranches en cas de révolte de détenus.
- ↑ L’arrivée, dans la soirée, à la prison de Saint-Malo de vingt-sept personnes arrêtées, dont dix femmes, surprend en effet les autorités sous-préfectorales. Le , un second convoi composé de vingt détenus est transféré à pied vers Saint-Malo sous l’escorte de deux gendarmes et de dix soldats. Prévenu par Auguste Kermabon, le sous-préfet renforce encore le dispositif de sécurité en envoyant vingt-cinq militaires à Paramé. À partir de cette localité, l’escorte compte presque deux représentants des forces de l’ordre pour chaque prisonnier. Le cortège entre finalement dans Saint-Malo vers six heures du soir, sous le regard des portefaix et des ouvriers du bassin à flot, frappés par l’ampleur du déploiement sécuritaire.
- ↑ Après inspection des lieux, l'inspecteur rend, le , un avis favorable au projet. Quelques mois plus tard, un moulin est effectivement édifié à proximité de la station télégraphique.
- ↑ Lors de sa visite, il constate que le jalon matérialisant l'emplacement prévu a été implanté au niveau du sémaphore alors désarmé. Son examen conclut que la construction envisagée ne compromettrait pas le fonctionnement de la ligne télégraphique. Il souligne toutefois que le terrain concerné relève de l'administration de la Marine. Informée par ses soins, cette dernière n'élève pas d'objection au projet, à la condition expresse que l'ouvrage ne fasse obstacle ni aux installations existantes ni à une éventuelle remise en service de la ligne sémaphorique. L'autorisation est ainsi accordée sous réserve que les circonstances futures permettant le rétablissement du service de transmission ne soient pas compromises par la présence du moulin.
- ↑ Eugène Royer, Joël Bigot, Guide des chapelles en Bretagne, Éditions Jean-Paul Gisserot, , p. 28.
- « La Foudre au Mont-Dol, Notre-Dame de l'Espérance en pièces », Ouest-France, édition de l'Ille-et-Vilaine, (lire en ligne
)
- ↑ Intramuros
- ↑ « Tour Notre-Dame-de-l'Espérance », sur fr.topic-topos.com.
Bibliographie
- Alfred Jamaux, Le télégraphe du Mont-Dol. Le Rouget de Dol. 1986, n° 49. p. 63-100
- Thierry Dubillot, La foudre sur le Mont-Dol. Ouest France, .
- Alfred Jamaux, Sur la ligne Paris-Brest du télégraphe Chappe, livre en autoédition, 72 p., 1996.
- Eglises et chapelles d'Ille-et-Vilaine. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. Région Bretagne. Rennes : APIB, 1996. (Indicateurs du Patrimoine ; 35). Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel) n° 256
- Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes, (Le patrimoine des communes de France).
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