Tour Chappe de Saint-Marcan

Tour du télégraphe Chappe de Saint-Marcan
Coordonnées 48° 34′ 45″ nord, 1° 37′ 34″ ouest
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Ille-et-Vilaine
Commune Saint-Marcan
Géolocalisation sur la carte : Bretagne
(Voir situation sur carte : Bretagne)
Tour du télégraphe Chappe de Saint-Marcan
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Tour du télégraphe Chappe de Saint-Marcan

La tour du télégraphe Chappe de Saint-Marcan appelée télégraphe de Chappe de La Masse, est un des relais de l'ancienne ligne télégraphique Chappe (Paris-Brest) sur le secteur Avranches-Brest, situé à Saint-Marcan. La station de Saint-Marcan est aujourd'hui l'un des seuls télégraphes restaurés et remis en fonctionnement en Bretagne[1]. Un message codé pouvait être transmis de Paris à Brest en une vingtaine de minutes[2], un exploit remarquable à une époque où les communications dépendaient encore essentiellement du cheval et des courriers[3],[4]. Elle fait partie des six vestiges sur les 60 relais qui existaient sur la ligne[5]

Histoire

La tour Chappe de Saint-Marcan

La tour du télégraphe Chappe est une station construite en 1799[2] dans le cadre de la ligne télégraphique reliant Paris à Brest, elle constitue l'un des rares vestiges conservés du réseau imaginé par Claude Chappe. Claude Chappe a lui-même participé à la reconnaissance des emplacements destinés à accueillir les stations de cette ligne[1]. La liaison Paris-Brest passant par Saint-Marcan fonctionnera jusqu'en , avec la fin du système Chappe suite à l'arrivée du Télégraphie électrique[6].

Localisation

L'édifice se situe sur une hauteur dominant l'arrière-pays de la baie du Mont-Saint-Michel, à environ 90 mètres d'altitude[1]. Cette position élevée répondait aux exigences du système Chappe, fondé sur la visibilité directe entre les stations successives. La tour de Saint-Marcan assurait la transmission des signaux entre les stations du Mont-Saint-Michel à l'est et la station du Mont-Dol à l'ouest[1].

Description

La station de Saint-Marcan conserve des éléments permettant aux historiens de penser qu'elle a connu plusieurs générations d'équipements télégraphiques, notamment le système Chappe originel puis un système modernisé dit Flocon au cours des années 1840[1]. Le mécanisme reconstitué comprend un mât vertical de plusieurs mètres de hauteur, un bras principal appelé régulateur et deux bras articulés appelés indicateurs, dont les différentes positions permettaient de composer les signaux du code télégraphique[7].

La tour de Saint-Marcan appartient au type des stations carrées en maçonnerie de granit[8]. La station télégraphique de Saint-Marcan se présente sous la forme d'une tour de plan carré d'environ quatre mètres de côté. L'édifice est construit en granit selon le modèle classique des stations du télégraphe Chappe[9]. Le rez-de-chaussée abrite une unique pièce dotée d'une cheminée, vraisemblablement destinée au repos des stationnaires. L'étage, accessible par une échelle intérieure, comprend également une salle unique où étaient installés les dispositifs de commande permettant de manœuvrer le mécanisme télégraphique[9].

Exploitation

L'exploitation de la station était assurée par deux agents, appelés stationnaires, qui se relayaient quotidiennement entre le lever et le coucher du soleil. Leur mission consistait à observer à l'aide de longues-vues les signaux émis par les stations voisines puis à les reproduire immédiatement afin de transmettre les messages le long de la ligne télégraphique[9].

Le fonctionnement du réseau dépendait fortement des conditions de visibilité. Le brouillard, la pluie, les fortes précipitations ou toute autre perturbation atmosphérique pouvaient empêcher l'observation des signaux et interrompre temporairement la transmission des dépêches[9].

Sauvegarde

Le site est redécouvert vers 1989 grâce à Alfred Jamaux[10], c'était alors un poulailler[11]. À la fin du XXe siècle, la tour de Saint-Marcan apparaît comme l'un des derniers vestiges de la ligne télégraphique Paris-Brest. Consciente de son intérêt historique, la Communauté de communes de la baie du Mont-Saint-Michel engage un programme de restauration à partir de 1999[1]. L'étude de la charpente d'origine et des éléments conservés permet alors de reconstituer un appareil fonctionnel conforme aux dispositifs historiques. Grâce à cette restauration, le télégraphe peut de nouveau émettre des signaux selon les principes de la télégraphie optique[1].

Musée et valorisation culturelle

Depuis le début des années 2000, le site accueille un espace muséographique consacré à l'histoire des télécommunications et du télégraphe optique[1]. L'ancienne maison du télégraphiste a été transformée en musée racontant l'histoire du télégraphe Chappe[2].

Notes et références

Notes

Références

  1. a b c d e f g et h Télégraphe Chappe de Saint-Marcan
  2. a b et c « Saint-Marcan: Le télégraphe de Chappe ouvre une nouvelle saison », Ouest-France, édition de Saint-Malo,‎ , p. 17. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : le nom « Ouest-France » est défini plusieurs fois avec des contenus différents.
  3. Tourisme en Bretagne
  4. Randonnée
  5. Orne : A quoi pouvait bien servir cette tour, inscrite aux monuments historiques ?, france3-regions.francetvinfo.fr, 06 juin 2016.
  6. Pierre Archangeli, La télégraphie en Ille-et-Vilaine au XIXe siècle, Les Cahiers de la FNARH n°146, 2022 [1]
  7. Le Balcon de la Baie
  8. Ernest Jacquez, Adhemar Kermabon, Atlas des lignes du télégraphe aérien construites de 1793 à 1852 Voir en ligne
  9. a b c et d Annales de la Société d'histoire et d'archéologie de l'arrondissement de Saint-Malo, 1998, p. 86.
  10. Professeur d'histoire au Lycée Jacques Cartier de Saint Malo.
  11. « L'ancêtre d'Internet déploie ses ailes à Saint-Marcan », Ouest-France, édition de l'Ille-et-Vilaine,‎ (lire en ligne Accès payant)

Bibliographie

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes, (Le patrimoine des communes de France).
  • Alfred Jamaux, Sur la ligne Paris-Brest du télégraphe Chappe, livre en autoédition, 72 p., 1996.

Content Disclaimer

Informasi ini disarikan dari Wikipedia dan disajikan kembali untuk tujuan edukasi. Konten tersedia di bawah lisensi CC BY-SA 3.0. Kami tidak bertanggung jawab atas ketidakakuratan data yang bersumber dari kontribusi publik tersebut.

  1. The information displayed on this website is sourced in part or in whole from Wikipedia and has been adapted for the purpose of restating it. We strive to provide accurate and relevant information, however:
  2. There is no guarantee of absolute accuracy. Wikipedia is an open, collaborative project that can be edited by anyone, so information is subject to change.
  3. It is not intended to constitute professional advice. The content displayed is for informational and educational purposes only. For important decisions (e.g., medical, legal, or financial), please consult a professional.
  4. Content copyright. Wikipedia is licensed under the Creative Commons Attribution-ShareAlike License (CC BY-SA). This means that content may be reused with appropriate attribution and shared under a similar license.
  5. Responsible use. Any risk arising from the use of information from this website is entirely the responsibility of the user.