Thénardite[1] Catégorie VII : sulfates, sélénates, tellurates, chromates, molybdates, tungstates[2]
association jumelée pseudo-cruciforme, protégée par un film de gomme-laque, thénardite provenant du lac Soda, lac salé alcalin de la Plaine de Carrizo, Californie.
7 SULFATES (SELENATES, TELLURATES) 7.A Sulfates (selenates, etc.) without Additional Anions, without H2O 7.AC With medium-sized and large cations 7.AC.25 Thenardite Na2SO4 Space Group F ddd Point Group 2/m 2/m 2/m
cristaux en prismes bipyramidaux, tabulaires ou prismatiques, souvent maclés, mais aussi agrégat en croûte, efflorescence, encroûtement, enduit, assemblage pulvérulent
soluble dans l'eau, environ 5 g à 0 °C, mais 42,5 g à 100 °C dans 100 g d'H2O pure, soluble dans le glycérol, insoluble dans l'alcool 5 %
Comportement chimique
Transition vers forme cristalline à maille monoclinique à partir de 100 °C (assurée vers 160-185 °C), transition vers maille hexagonale vers 241 °C (assurée vers 500 °C)
La thénardite est l'espèce minérale cristalline sulfate de sodiumanhydre, de formule Na2SO4, dont la maille élémentaire appartient au système cristallin orthorhombique[4]. Ce minéral abondant peut se former en cristaux de 20cm[5]. Ses beaux cristaux incolores ou blancs sont prismatiques, souvent en bipyramides rhombiques, et avec des macles fréquentes, parfois en tablettes mais la plupart des cristaux observables, agencés en tablettes, sont très petits et inesthétiques, formant des encroûtements pulvérulents ou des amas granulaires.
Caractéristique le plus souvent des milieux d'évaporites, par exemple des anciens lac salés des milieux désertiques ou semi-arides, la thénardite forme une roche massive et fragile, de densité 2,67 et dévoilant ses cristaux de couleur terreuse, grisâtre, souvent à reflets jaunâtres, brunâtres, rougeâtres. La roche, par sa teneur ou ses traces de sel gemme ou halite, a un goût faiblement salé.
Elle se rencontre le plus souvent sous forme massive dans les milieux de formations arides des évaporites, typiques des lacs salés en climat aride, associée à la mirabilite et au gypse, à la glaubérite et à l'epsomite, à la halite, au natron, aux divers borates. Elle est ainsi présente dans les régions arides du Pérou, du Chili, mais aussi de l'Asie continentale.
Elle provient aussi de la sublimation des fumerolles, formant des croûtes entourant autrefois le passage des fumerolles gazeuses, par exemple dans la région du Vésuve. Les dégagements de vapeurs volcaniques sont aussi une source. Elle est aussi présente dans les cavernes volcaniques de l’Etna (en Italie). Les passages de laves ou de leurs fluides de dégazage laissent parfois des enduits après refroidissement.
Comme formation secondaire, on la trouve aussi sous forme d’efflorescences ou de croûtes poussiéreuses dans les vieilles mines et les grottes sèches, qui contiennent des roches sulfatées.
Les blocs de thénardite tendent à absorber l'humidité ambiante pour se muer en mirabilite, Na2SO4·10H2O. Une couche blanche de sulfate de sodium hydraté apparaît dans tous les cas de présence d'humidité atmosphérique. À l'inverse, la thénardite provient de la déshydratation des dépôts de mirabilite, comme c'est le cas en mer Caspienne.
Soluble dans l'eau, la thénardite ou sulfate de sodium précipite d'abord en mirabilite, mais dès que la température dans les solutions sursaturées dépasse 32,5 °C, le précipité obtenu est de nouveau de la thénardite.
Les échantillons, sensibles à l'air humide, doivent être conservés en milieu hermétique. La thénardite colore la flamme en jaune orange, caractéristique des ions sodium.
La thénardite se distingue, par exemple de l'epsomite, de la mirabilite ou du gypse, par ses propriétés chimiques propres et ses spectres d'absorption spécifiques ou de diffraction RX en poudre.
La composition en pourcentage massique correspond à 43,70% Na2O et 56,30% SO3. Il existe parfois de faibles pourcentages de K2O qui s'expliquent par des impuretés mécaniques
↑L'analyse chimique donne en masse 43,7 % Na2O et 56,3 SO3
↑The Handbook of Mineralogy Volume IV, 2000 Mineralogical Society of America by Kenneth W. Bladh, Richard A. Bideaux, Elizabeth Anthony-Morton and Barbara G. Nichols
↑Casaseca J.L., (1826), Annales de chimie et de physique, Paris: 32, 308.
↑Un échantillon de l'école nationale supérieure des mines, in Henri-Jean Schubnel, avec Jean-François Pollin, Jacques Skrok, Larousse des Minéraux sous la coordination de Gérard Germain, Librairie Larousse, Paris, 1981, 364 pages. (ISBN2-03-518201-8)
↑(en) Charles Palache, Harry Berman et Clifford Frondel, The System of Mineralogy of James Dwight Dana and Edward Salisbury Dana, Yale University 1837–1892, vol. II : Halides, Nitrates, Borates, Carbonates, Sulfates, Phosphates, Arsenates, Tungstates, Molybdates, etc., New York (NY), John Wiley & Sons, , 7e éd., 1124 p., p. 406
↑ Naze-Nancy Masalehdani, M., Mees, F., Dubois, M., Coquinot, Y., Potdevin, J.-L., Fialin, M. & Blanc-Valleron, M.-M. (2009): Condensate minerals from a burning coal-waste heap in Avion, Northern France. Can. Mineral. 47, 573-591.
Voir aussi
Bibliographie
Guy Tamain, « Thénardite », Encyclopædia Universalis, 2001.en ligne