SMTP est un protocole assez simple, on commence par spécifier l'expéditeur du message, puis le ou les destinataires d'un message, puis, en général après avoir vérifié leur existence, le corps du message est transféré. Il est possible de tester un serveur SMTP en utilisant la commande telnet sur le port 25 d'un serveur distant.
Le SMTP commence à être largement utilisé au début des années 1980. Il est alors un complément à l'UUCP, celui-ci étant plus adapté pour le transfert de courriers électroniques entre des machines dont l'interconnexion est intermittente. Le SMTP, de son côté, fonctionne mieux lorsque les machines qui envoient et reçoivent les messages sont interconnectées en permanence.
Comme le protocole utilisait du texte en ASCII (7 bits), il ne fonctionnait pas pour l'envoi de n'importe quels octets dans des fichiers binaires. Pour pallier ce problème, des standards comme MIME ont été développés pour permettre le codage des fichiers binaires au travers de SMTP. Aujourd'hui, la plupart des serveurs SMTP acceptent le MIME sur 8 bits, ce qui permet de transférer des fichiers binaires presque aussi facilement que du texte simple.
Les clients de messagerie utilisaient aussi le port 25 (SMTP) pour soumettre des messages en utilisant le protocole SMTP. Mais la nécessité de mieux contrôler les envois des clients, en particulier par l'authentification, a conduit à l'attribution du port 587 (submission)[3].
Les administrateurs de serveur peuvent choisir si les clients utilisent le port TCP 25 (SMTP) ou le port 587 (submission, ou soumission en français), tel que formalisé dans la RFC 6409[4] (RFC 2476 précédemment), pour relayer le courrier sortant vers un serveur de messagerie. Les spécifications et de nombreux serveurs acceptent les deux. Bien que certains serveurs ont longtemps pris en charge le port historique 465 (SMTPS, aussi appelé "submissions") pour le SMTP sécurisé, en violation des spécifications jusqu'à fin 2017, il est préférable d'utiliser les ports standard et les commandes ESMTP (Extended SMTP) standard selon la RFC 3207[5], si une session sécurisée doit être utilisée entre le client et le serveur. Cependant début 2018, la RFC 8314[6] a finalement affecté officiellement le port 465 au protocole SMTP avec TLS implicite.
Syntaxe type d'une session SMTP
Le test par telnet mentionné ci-dessus donnerait, dans une fenêtre de terminal shell, un dialogue semblable à :
(la saisie de l'utilisateur est en vert et les messages du serveur sont en rouge)
telnet smtp.----.---- 25Connected to smtp.----.----.220 smtp.----.---- SMTP ReadyHELO client250-smtp.----.----250-PIPELINING250 8BITMIMEMAIL FROM: <[email protected]>250 Sender okRCPT TO: <[email protected]>250 Recipient ok.DATA354 Enter mail, end with "." on a line by itselfSubject: TestCorps du texte.250 OkQUIT221 Closing connectionConnection closed by foreign host.
Notons que la fin du texte est repérée par un point seul sur sa ligne. Lorsque le texte doit contenir un point seul sur sa ligne, il est donc nécessaire de le doubler (<CR><LF>..<CR><LF>).
Les codes retour SMTP
Comme on le constate dans l'exemple ci-dessus, il existe une syntaxe précise pour envoyer les messages et une série de codes retour sur trois chiffres pour indiquer le statut de la demande. Le premier chiffre du code retour indique le statut global de la demande, les deux autres chiffres donnent le détail du statut :
code 2 : la demande a été exécutée sans erreur ;
code 3 : la demande est en cours d'exécution ;
code 4 : indique une erreur temporaire ;
code 5 : la demande n'est pas valide et n'a pas pu être traitée.
Premier code envoyé par le serveur lorsque la connexion s'est effectuée avec succès.
250
Confirmation de commande acceptée.
354
Réponse à la commande DATA. Le serveur attend les données du corps du message. Le client indique la fin du message par un point seul sur une ligne : <CR><LF>.<CR><LF>
421
Échec temporaire au niveau de la connexion. Il se peut que le serveur soit surchargé, qu'il limite le nombre de connexions en provenance d'une même adresse IP ou que le service soit indisponible.
452
Échec temporaire : nombre de destinataires maximum atteint.
550
Échec permanent. La boîte aux lettres n'existe pas ou l'adresse du destinataire est invalide.
554
Échec permanent au niveau de la connexion : utilisé à la place du code 220 pour les hôtes sur liste noire.
Une des limitations de SMTP vient de l'impossibilité d'authentifier l'expéditeur. Pour ceci, l'extension SMTP-AUTH a été définie. Malheureusement, l'impossibilité d'imposer largement SMTP-AUTH a rendu ce protocole impuissant face au phénomène du spam.
Le spam est dû à un certain nombre de facteurs dont : l'implémentation de logiciels Mail Transfer Agent (MTA) ne respectant pas les standards, les failles de sécurité dans les systèmes d'exploitation autorisant les spammeurs à contrôler à distance des PC utilisateurs pour leur faire envoyer du spam et enfin un manque d'intelligence de certains MTA.
Afin de lutter efficacement contre ce phénomène, il existe deux approches : modifier profondément SMTP (voire le remplacer) ou bien lui adjoindre d'autres protocoles pour combler ses lacunes. Modifier SMTP de manière importante, ou le remplacer complètement, ne paraît pas faisable, à cause de l'importance du réseau de serveurs déjà installé. Malgré tout, des solutions alternatives ont été développées comme Internet Mail 2000(en) ou ePost.
Une autre approche consiste à créer des systèmes visant à assister les opérations du protocole SMTP. Le groupe de recherche anti-spam (ASRG) de l'IRTF(en), travaille actuellement [Quand ?] sur l'authentification des courriers électroniques dans le but de fournir un système flexible, léger, extensible, et évolutif. L'ensemble de ces recherches ont abouti au protocole MARID en 2004 ainsi qu'au protocole DomainKeys Identified Mail en 2006.
Blocage du port 25 par les fournisseurs d'accès
En 2006, l'AFA recommande aux fournisseurs d'accès internet (FAI) de bloquer les paquets TCP/IP sortant à destination du port 25[8]. L'idée développée est qu'« un utilisateur résidentiel ne devrait pouvoir émettre ses messages électroniques que via le serveur de son fournisseur de messagerie électronique. »
En France et au Canada, les principaux FAI ont suivi cette recommandation : Orange, Bell, Videotron et CCAPcable bloquent le port 25 depuis [10], Free depuis (c'est une option, le blocage peut être désactivé)[11], AOL depuis 2003.
La pratique aujourd'hui est la soumission avec chiffrement TLS du message par l'utilisateur au serveur de messagerie en utilisant du SMTP authentifié (port 587 ou port 465). Le port 25 sert uniquement aux serveurs SMTP entre eux.