Matei Negreanu, né le [1] à Bucarest (Roumanie), est un artiste français et sculpteur utilisant le verre sous toutes les formes, installé en France depuis 1981.
Biographie
Vie familiale
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Matei Negreanu est né en Roumanie, d'un père d’origine paysanne, devenu industriel, disparu prématurément d’un accident brutal et d'une mère bourgeoise, orthodoxe et citadine. Après la disparition de sa mère, Matei sent que plus rien de concret ne le rattache à la Roumanie, de plus en plus figée dans la torpeur d’une dictature sournoise. En 1981, à quarante ans, il change radicalement de vie et prend le train pour la France à laquelle il demande asile[2].
Vie professionnelle
Matei Negreanu est un artiste de la scène artistique française et roumaine depuis les années 1980, connu internationalement pour ses sculptures en verre lamellé-collé ou en verre cassé partiellement recouvertes de plomb[3].
Formé à l'École des beaux-arts de Bucarest[4] de 1966 à 1972, il reçoit un enseignement pluridisciplinaire strict, en étudiant la peinture, le dessin, la sculpture et l'architecture. À l'usine, il apprend la métallurgie et le design industriel. Il évolue dans le milieu artistique roumain en tant que peintre, styliste, décorateur de théâtre tout en travaillant dans des centres de production verrière en Roumanie. En 1981, il choisit l'exil, fuyant le régime de Ceausescu et la rigidité de la vie artistique roumaine de l’époque[5]. Il s'installe en France et se jette à corps perdu dans ses recherches artistiques. Que ce soit d’abord à la verrerie de Portieux en 1983 où il réalise ses premières sculptures en verre, aux cristalleries de Baccarat en 1985 avec l'édition de sa « Plume de Cristal » ou dans son atelier parisien, il explore toutes les possibilités de créer des sculptures avec du verre plat, cassé, coupé, collé, sablé. C'est au Salon des arts décoratifs au Grand Palais à Paris en 1984 qu'il est remarqué par Yvonne Brunhammer et Jean-Luc Olivié du Musée des Arts décoratifs et qu'une première sculpture intègre le Fonds national d’art contemporain[6]. Il présente sa première sculpture en verre collé au Colloque international verre et architecture à Sars-Poteries en 1984 avec la première sculpture en verre collé : Fontaine Sèche[7].
Remarqué pour ses Vagues tourbillonnantes faites de fines lamelles de verre collées les unes aux autres, Matei Negreanu commence une carrière internationale et marque en même temps l'art du verre français des années 1980[8]. À partir de 1984-1985 les expositions se multiplient en France et à l'étranger, les œuvres sont de plus en plus grandes et la technique de plus en plus maîtrisée. En 1985, il installe son atelier à Lamotte-Beuvron, aux portes de la Sologne[9].
Il développe ensuite son travail en y apportant du plomb et en guidant la lumière dans des gros blocs de verre optique. Il taille le verre comme d’autres tailleraient le marbre ou le granit[10]. D'autres étapes, en passant par les Aiguilles avec les éclats aléatoires et les Maisons aux lignes droites, ont mené l'artiste vers la construction d'architectures harmonieuses ou vers des œuvres en mouvement[11]. Les brisures dans le verre optique mettent la pureté du matériau en évidence et la lumière vient révéler les formes géométriques.
En dehors de cette taille directe, l'artiste utilise aussi des grandes vasques en verre soufflé qu'il découpe et recouvre partiellement avec une armature de plomb jouant ainsi sur le vide et le volume (présenté à Venezia Aperto Vetro en 1996[12]). Des rubans de plomb viennent couvrir ces bulles industrielles en verre soufflé : le verre y joue le rôle du vide, le plomb souligne le mouvement et arrête le regard. En tant que sculpteur, il associe le verre aussi avec le bois, l'inox, le marbre, le métal ou la résine[13]. En tant que peintre, il apporte la matière sur la toile et il ose la couleur.
Vers 1999, Matei Negreanu crée des constructions architecturales abstraites et géométriques en noir et blanc: les Lignes de silence[14]. Elles construisent un univers où la lumière révèle la géométrie[15].
Empreintes d’une certaine dualité dans leur composition, les Maisons Stèles des années 2000 présentent un aspect plutôt massif, géométrique et mat par rapport à d'autres parties plus effilées et brillantes. Il crée un dialogue entre le vide et le plein, la transparence et l'opacité, l'ombre et la lumière. Il y a toujours du mouvement, des brisures, un certain équilibre bouleversé[16].
Lors des longs hivers passés en Australie, l’artiste peint. Il change ses outils de sculpteur pour les pinceaux, l'encre et l'acrylique et expose régulièrement ses toiles dans des galeries. En 2007, il illustre le livre de Marie Sellier Crépidule ou la légende du chat de Saint-Cado[17].
Les sculptures Imprévisibles (2009) sont plus proches de la matière brute ou de l'objet industriel.
Plus tard, vers 2013, avec la série des Méta, les formes s'adoucissent. L'opacité et la transparence se répondent dans un jeu de brisures et d'éclats avec certains détails peints.
Matei Negreanu utilise le verre en tant que sculpteur. Il aborde aussi le textile et la couleur dans de grands formats qui viennent dialoguer avec les nombreuses toiles et dessins.
En 2017, il quitte son atelier de Lamotte-Beuvron pour s'installer à Belz en Bretagne[4] avec le journaliste et écrivain Hervé Claude avec qui il est pacsé depuis 2003.
En 2022, il évolue vers des lignes fluides et des surfaces laiteuses dans ses Nouvelles formes libres. Des formes concaves et convexes sont posées sur des angles droits et rigides.
Dessinateur, coloriste, sculpteur, Matei Negreanu surprend avec de nouvelles expressions, avec la volonté d'exploiter les propriétés spécifiques des différents matériaux et avec l'inventivité des formes[18]. Son œuvre est une et multiple, elle évolue mais reste fidèle à l'image de son auteur.
Expositions monographiques (sélection)
dès 1985, expositions dans les galeries :
galerie Capazza, Nançay
galerie Suzel Berna, Antibes
galerie Bergman (Allemagne)
Clara Scremini Gallery, Paris
Heidi Schneider galerie, Horgen (Suisse)
Habatat Gallery, Farmington Hills (USA)
Miller gallery, New York (USA)
galerie d'Amon, Paris
galerie Di Folco, Niort
galerie Place des Arts, Montpellier
galerie L'Éclat du Verre, Paris
galerie Nadir, Annecy
galerie HD Nick, Aubais
galerie Sordello, Paris
1989, Musée d'Immenhausen (Allemagne)
2000, « Lignes de silence », musée-atelier du Verre, Sars-Poteries (catalogue)
2003, « Sculptures et peintures, parcours », Maison du verre, Puy-Guillaume
2007, « Parcours », Musée du Verre, Conches-en-Ouche (catalogue)
2009, « Imprévisibles », Maison de région, Strasbourg
2015, 3e biennale du verre, Musée municipal d'art et d'histoire, Colombes
Expositions collectives (sélection)
1984, « Le Renouveau du verre », Musée des Beaux-Arts, Rouen
↑Ileana Cornea, « Le Volcan Matei Negreanu », Artension Hors Série n°28, , p. 50 (ISSN0294-3107)
Bibliographie
Philippe Carteron et Nathalie Darzac, Matei Negreanu, Paris, Clara Scremini Gallery, , 37 p. (ISBN978-2-86343-012-5)
Hervé Claude, Dominique Narran et Helmut Ricke (préf. Jean-Luc Olivié, photogr. Eduardo Golbin), Matei Negreanu, Nérac, Vers les Arts, , 150 p. (ISBN2-9506346-2-1)
Di Folco, Ceci n'est plus du verre, Éditions Vers Les Arts, , 272 p. (ISBN978-2-95063-463-4)
Corinne Ibram, Michaël Glück, Frédéric Jaulmes et Detlef Erler, Matei Negreanu, Galerie HD Nick, coll. « Trajectoires », , 69 p. (ISBN2-913298-00-1)
Eric Louet, Hervé Claude et Jean-Pierre Umbdenstock, Matei Negreanu. Parcours, , 20 p. (ISBN978-2-9526886-2-8). Commentaire biblio:catalogue d'exposition au Musée du verre de Conches, du 28 juillet au 30 novembre 2007
Aurelia Mocanu, Sieben Band II – Rumanische Gegenwartskunst, Essen, Klartext Verlag, 2011. (ISBN978-3-8375-0534-4)
Musée du verre, Matei Negreanu : lignes de silence, Sars-Poteries, Musée-atelier du verre de Sars-Poteries, , 19 p.
Marie Sellier (ill. Matei Negreanu), Crépidule ou La légende de Saint-Cado, Paris, Le Baron perché, , 46 p. (ISBN978-2-35131-051-9)