Il publie plus d'une vingtaine d'ouvrages sur la criminalité et le terrorisme, dont quatre avec le criminologue Alain Bauer et un primé par l'Académie française[1]. Il participe régulièrement à des publications de presse et à des émissions télévisées.
Biographie
Engagement à l'extrême droite
À vingt ans, de 1965 à 1966, Xavier Raufer milite au sein du mouvement d'extrême droite Occident[2], aux côtés de Gérard Longuet et d'Alain Madelin[3], et écrit pour la revue Occident Université[4].
En 1971, dans le cadre de ce qui a été qualifié[Par qui ?] de « recyclage » des anciens des réseaux d'extrême droite[6],[7], il devient secrétaire général de l'Institut supérieur du travail (IST), organisme fondé sous l'égide de l'Institut d'histoire sociale (IHS) et de la Faculté libre de droit, d’économie et de gestion, en partenariat avec le Groupement des industries métallurgiques de la région parisienne (GIM) ; cet organisme est voué à la formation des cadres et ingénieurs en entreprise sur l'histoire et les méthodes syndicales (surtout d'extrême gauche)[8]. Xavier Raufer y croise alors de nombreux représentants des services de renseignements, dont il utilise la documentation pour les formations de l'IST ; il acquiert alors une expertise pour les questions de sécurité puis de terrorisme[8]. L'IST est lié aux réseaux anticommunistes de Georges Albertini.
En , il fonde avec Gérald Penciolelli, Alain Renault et Catherine Barnay, la société SERVICE (Société d’études et de recherches visuelles d’impression, de composition et d’édition) qui édite des brochures anti-Mitterrand et anticommunistes, pour certaines financées par l’UIMM, syndicat patronal de la métallurgie (dont notamment l'opération France-Matin). Il est promu à la direction de l'IHS, où il soutient aux côtés d'Alain Madelin le président sortant Valéry Giscard d'Estaing, s'opposant aux pro-chiraquiens, lors de la campagne présidentielle de 1981 - à la suite de laquelle il quitte l'IHS[8].
Enseignement universitaire
Entre 1986 et 2016, à l'université de Paris II, Xavier Raufer est chargé de cours à l'Institut de criminologie[5], anime le Centre d'études et de recherches sur la violence politique (CERVIP)[9], puis le Département de recherche sur les Menaces criminelles contemporaines[10] (DRMCC), où il est directeur d'études[5], sous la direction de François Haut[11]. Il contribue à la revue Notes & Études de l'Institut de Criminologie, qu'il a archivée sur son site[12].
En 1986-1988, il donne des conférences à l'École supérieure de guerre[réf. souhaitée], à l'École d'enseignement supérieur de la Gendarmerie et au service de coopération technique internationale de Police[réf. souhaitée]. Il organise des cours autour du livre Souvenirs d'un terroriste de Boris Savinkov[13].
En 2007, il soutient à la Sorbonne[14] une thèse de géopolitique intitulée Entités, territoires, flux, dans l’aire balkanique : une géopolitique des menaces (terroristes et/ou criminelles) est-elle possible ? sous la direction de Michel Korinman[15].
En 1979, il entre à L'Express et prend le nom de plume de Xavier Raufer. En 1983, il collabore à Est & Ouest, revue anticommuniste fondée par Georges Albertini. En 1984, il fait partie du comité éditorial de Contrepoint, revue du Club de l'horloge[17].
En 2010 et 2011, il participe au magazine Ring[18]. Il est également conseiller des éditions Ring[19], directeur de la collection Arès à CNRS-Editions[20],[21], et conseiller éditorial aux éditions Odile Jacob[22].
Depuis 2023, il dirige le Libre journal des enjeux sécurité sur Radio Courtoisie[23].
Autres activités politiques et de conseils
Dans les années 1990, aux Presses universitaires de France (PUF), Xavier Raufer devient directeur de la collection « Criminalités internationales ».
Xavier Raufer, s'élève contre « la culture de l'excuse, totem majeur de la sociologie critique, [qui] n'étudie plus les criminels mais justifie plutôt leurs actes, les innocente[25] » et il dénonce « l'inepte couple "politique de la ville" plus "culture de l'excuse"[26]. »
Drogues
Xavier Raufer s'oppose à la dépénalisation du cannabis[18]. Il en analyse des effets très toxiques aux États-Unis[27]. En , il annonce l'émergence croissante de la cocaïne en Europe du Sud. Il édite à ce sujet une note d'alerte[28] rédigée collectivement avec Gilbert Canon (ex-fonctionnaire de police) et Jean Chalvidant (criminologue spécialisé dans le terrorisme basque de l'ETA, docteur en civilisation espagnole). En , le DRMCC édite une nouvelle note d'alerte[29], rédigée en coopération avec Dominique Lebleux (sociologue, ingénieur d'études à l'EHESS), Stéphane Quéré (criminologue) et Étienne Codron (criminologue, spécialisé dans les gangs criminels de motards).
Dans Les Nouveaux Dangers planétaires (2010) Xavier Raufer dénonce ce qu'il nomme le « syndrome de Byzance », en référence à la conquête de Constantinople, le , par le sultan ottoman Mehmet II. Vers l'aboutissement du siège, un concile réunissait à Byzance une pléiade de théologiens, qui y discutaient du sexe des anges. Dans cet ouvrage, Xavier Raufer dresse un parallèle avec la situation contemporaine, où l'on discute selon lui de sujets anodins au lieu de faire face aux nouveaux dangers planétaires (terrorisme, criminalité entre autres).
Il explique dans une interview accordée à Pascal Boniface et publiée cinq jours avant l'attentat contre Charlie Hebdo, en faisant référence aux attentats récents, que ces derniers sont le fait d'individus instables comme Breivik ou Merah, alors qu'il n'y a plus de grandes organisations terroristes et que « le terrorisme comme méthodologie poursuit sa dégénérescence entamée à la fin de la Guerre froide[32] ».
Critiques
Les ouvrages de Xavier Raufer sont notamment critiqués par le sociologue Laurent Mucchielli, qui leur reproche une incohérence méthodologique[33]. Selon lui, « ce que trahit sans doute [le raisonnement méthodologique de Xavier Raufer et d'Alain Bauer], c’est le fait qu'[ils] n’hésiteront pas à piocher ici ou là, dans des statistiques de provenances variées, les chiffres qui sembleront le plus justifier les interprétations qu’ils veulent faire passer auprès du lecteur. » Mucchielli, dans sa critique de l'ouvrage Violences et insécurités urbaines (1998), critique les sources statistiques utilisées par Xavier Raufer notamment celles provenant des Renseignements généraux (RG).
Xavier Raufer ayant écrit qu'« à partir [des] zones de non-droit inaccessibles aux forces de l’ordre et grouillant d’armes de guerre, assurer la logistique d’un réseau terroriste est stricto sensu un jeu d’enfant », le sociologue Laurent Bonelli y voit une caricature des banlieues[34].
D'une façon récurrente sont mis en cause les liens que Xavier Raufer et les autres intervenants de son centre de recherche, Jean Chalvidant et François Haut, ont, ou ont eu avec l'extrême droite. Ainsi Mathieu Rigouste estime que « ses productions idéologiques constituent une sorte d’archétype de la collusion entre l’idéologie sécuritaire et l’extrême droite[35]. »
Affaires judiciaires
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Du 21 au 28 mars 2024, il doit être jugé pour recel de favoritisme dans le cadre de l'affaire des contrats passés par la Caisse des dépôts. En décembre 2014, le parquet national financier ouvre une enquête qui donne lieu à des investigations. Celles-ci mettent au jour six contrats de prestations de service conclus avec la CDC ou la CDC internationale et AB conseil entre 2008 et 2012 pour un montant de 925 000 euros, quatre commandes à la société Champerard pour un montant total de 333 596 euros, ainsi que deux contrats conclus par ADP avec X Diagnostic représentée par Xavier Raufer (30 000 euros) et AB Conseil (89 700 euros)[36].
Le , le procès est reporté, renvoyé au en raison des problèmes de santé de l'un des mis en cause[37],[38].
Publications
Ouvrages
Terrorisme, maintenant la France : la guerre des partis communistes combattants, Paris, Garnier, 336 p., 1982
Sur la violence sociale, Alésia, 224 p., 1983
Terrorisme-violence : réponses aux questions que tout le monde se pose, Paris, J.-J. Pauvert, 1985
Le Cimetière des utopies: de la médecine de Molière à l'approche expérimentale : la lutte contre la délinquance et la criminalité aux États-Unis, 1960-1985, préfacé par Robert Pandraud, 249 p., Suger, 1985
La Nébuleuse : le terrorisme du Moyen-Orient, Paris, Éditions Fayard, 404 p., 1987
Atlas mondial de l'Islam activiste, Paris, La Table ronde, 297 p., 1991
Le Chaos balkanique, livre coécrit avec François Haut, Paris, éd. La Table ronde, 191 p., 1992
Les Superpuissances du crime, enquête sur le narco-terrorisme, Paris, Plon, 303 p., 1993
Trafics et Crimes en Asie du Sud-Est : le Triangle d'or, avec Hervé Ancel, Paris, Presses universitaires de France, 1998
Dictionnaire technique et critique des nouvelles menaces, Paris, Presses universitaires de France, 266 p., 1998
Violences et insécurité urbaines, avec Alain Bauer, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 127 p., 1998-2003
La Mafia albanaise - Une menace pour l'Europe, avec Stéphane Quéré, Éditions Favre, 144 p.,
Le Crime organisé, avec Stéphane Quéré, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 2000-2005
Entreprises : les 13 menaces du chaos mondial, 2000
L'Explosion criminelle, Éditions Valmonde et Cie, 2002
« Parier sur l'efficacité d'une opposition constructive: entretien avec Marcel Meyer et Michel Gandilhon », paru dans le numéro 1 de la revue Les Cahiers de l'In-nocence du
↑L'Europe en chemise brune : néo-fascistes, néo-nazis, et national-populismes en Europe de l'Ouest depuis 1945, collectif, préface par Maurice Rajsfus, éditions réflex, 1992.
↑Frédéric Charpier, Génération Occident, Paris, Éditions du Seuil, « Essai », 2005, p. 181 et suivantes (ISBN2020614138).
↑René Monzat, Enquêtes sur la droite extrême, Paris, Le Monde Éditions, 1992, p. 281 et suivantes.
↑ ab et cBenoît Collombat (dir.), David Servenay (dir.), Frédéric Charpier, Martine Orange et Erwan Seznec, Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours : Le vrai visage du capitalisme français, La Découverte/Arte éditions, coll. « Cahiers libres », (1re éd. 2009), 889 p. (ISBN9782707185112, lire en ligne).
↑Julien Marion, « Perpignan : Louis Aliot recrute un criminologue, ancien militant d'extrême droite, pour une expertise sur la sécurité », L'Indépendant, (lire en ligne)
↑La camorra, une mafia urbaine, la Table Ronde 2005
↑La Mafia albanaise, une menace pour l'Europe, Editions Favre, Lausanne 2000.
↑Pascal Boniface, « « Criminologie, la dimension stratégique et géopolitique » – Trois questions à Xavier Raufer », IRIS, (lire en ligne, consulté le ).