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La grève des cigarières de 1907 est un mouvement social majeur s'étant déroulé à Yverdon-les-Bains, dans le canton de Vaud, en Suisse. Ce mouvement, porté exclusivement par des femmes, est considéré comme une étape pionnière de l'histoire du syndicalisme féminin et de la lutte pour les droits des travailleuses en Suisse[1]'[2].
Contexte socio-économique
Au début du XXe siècle, l'industrie du tabac occupe une place centrale dans l'économie yverdonnoise, ville de 8500 habitants[2]'[3]. La manufacture de cigares Vautier emploie alors une main-d'œuvre majoritairement féminine, les « cigarières », soumises à des conditions de travail pénibles : journées de plus de 10 heures dans une atmosphère saturée de poussière de tabac, pour des salaires très bas[1]'[4]. Des ouvrières tentent de créer un syndicat. Le 22 mai 1907, une des ouvrières de 23 ans, Lucie Zingre, rédige un tract « L’appel à toutes les ouvrières »t appelant les cigarières à se réunir pour dénoncer leurs conditions de travail[1]. En représailles, leur patron, Henri Vautier, licencie sept travailleuses le 23 mai[5]'[6]. En solidarité, une soixantaine de cigarières cessent le travail[3]. C'est le déclenchement de la grève[3].
Déroulement du conflit
Plusieurs tentatives de conciliation échouent, mais le patronat reste inflexible[3]. Plusieurs manifestation sont organisées : le 25 mai, puis le 29 mai, et réunissent plus de 1000 personnes'[3][4]. La grève est marquée par une organisation rigoureuse et une solidarité qui dépasse le cadre de l'usine, dans un contexte syndical et politique explosif en Suisse, qualifié de « Tempête rouge »[1].
Une figure centrale émerge durant ce conflit : Lucie Zingre, une ouvrière de 23 ans. Oratrice charismatique, elle devient la porte-parole des grévistes et parvient à tenir tête à la direction de l'usine ainsi qu'aux autorités locales[4]'[6].
Intervention militaire et dénouement
Les gendarmes et l'armée sont déployés devant l'usine[3]. Les sept licenciées sont menacées d’emprisonnement et condamnées à une amende de cinq francs. Un ultimatum patronal met fin au conflit après huit jours de grève. 57 ouvrières au total sont licenciées[3].
Mais les cigarières d'Yverdon ont gagné le soutien de toute la presse syndicale et de gauche. Un boycott des produits Vautier est organisé dans tout le pays, qui va coûter très cher à l'entreprise. Quelques mois plus tard, en mars 1908, une poignée d'anciennes employées créent une coopérative à Yverdon pour produire et distribuer leur cigarette, "la Syndicale"[3].
Vautier finira par plier et par accepter de signer une convention collective contre la promesse de la fin du boycott par l’Union syndicale suisse (USS). Une victoire devenue tout un symbole. [1]'[3]. [5].
Bien que les gains salariaux soient limités, les cigarières obtiennent une reconnaissance de leur capacité à s'organiser de manière autonome, sans l'aide initiale des syndicats masculins[2]'[5].
Postérité et mémoire
La grève de 1907 est considérée comme la première grande grève de femmes en Suisse. Elle a ouvert la voie aux futures luttes pour l'égalité salariale et le droit de vote des femmes. L'événement a laissé une trace durable dans la mémoire ouvrière suisse. En 2024, la Ville d'Yverdon-les-Bains rend hommage à ce mouvement en inaugurant l'« Esplanade des Cigarières » et la « Rue Lucie-Zingre »[4].
Le conflit fait également l'objet d'une médiatisation culturelle récente avec la publication de la bande dessinée La Révolte des cigarières (), qui documente l'héroïsme de ces travailleuses[3]'[6].
Voir aussi
Sources et Références
- « 1907: Voici la tempête rouge », sur 24 heures, (consulté le )
- « Les cigarières d’Yverdon, pionnières de la grève des femmes en Suisse, en 1907 - Le Temps », www.letemps.ch, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
- « "La révolte des cigarières" : une BD retrace cette grève entièrement menée par des femmes pour les femmes », sur France 3 Bourgogne-Franche-Comté, (consulté le )
- « Commune d'Yverdon-les-Bains - La grève des cigarières de 1907 - Site officiel de la Commune », sur www.yverdon-les-bains.ch (consulté le )
- https://www.laliberte.ch/articles/regions/vaud/en-1907-les-cigarieres-d-yverdon-empoignent-la-lutte-ouvriere-395654?srsltid=AfmBOoqjS5JJuHNzi1Q1HMmB_sI4ufmkAka4RqrkirWy8Cm_LcEsOIN1
- « Bande dessinée: Quand les femmes faisaient fulminer les autorités d'Yverdon », lematin.ch, (ISSN 1018-3736, lire en ligne, consulté le )
| CodeCodex/Brouillon | |
| Titre | Affaire des viols « libertins » |
|---|---|
| Lieu | Bordeaux, Reignac |
| modifier |
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L'affaire des viols « libertins », également appelée affaire des viols libertins de Gironde ou affaire Christophe B., est une affaire criminelle française hors norme qui éclate publiquement au printemps 2025. Elle concerne des accusations de viols en réunion avec actes de torture et de barbarie commis sur plusieurs décennies sous couvert de pratiques libertines[1],[2].
L'enquête, qualifiée de « tentaculaire » par les autorités judiciaires, repose sur un modus operandi d'emprise psychologique conjugale et le recrutement de dizaines d'hommes par le principal suspect pour abuser de ses compagnes successives[2],[3]. En juillet 2026, l'affaire compte 19 hommes mis en examen et 6 victimes recensées[3].
Historique des faits
Le principal mis en cause, Christophe B. (né en 1969), est un ancien ouvrier de maintenance et chasseur résidant dans le village de Reignac, en Gironde[2],[3]. Selon les investigations, les faits criminels s'étendent sur une période particulièrement longue allant de 1990 à 2024[4],[5].
L'ordonnateur principal recrutait d'autres hommes, notamment sur des plateformes en ligne, afin de participer à des agressions sexuelles de groupe[5]. Ces agressions étaient imposées à ses compagnes successives et se déroulaient au domicile principal du suspect, dans des clubs libertins de la région de Bordeaux, ainsi que dans l'espace public (en pleine nature) dans les départements de la Gironde, de l'Hérault et du Gard[1],[3].
Enquête judiciaire
L'affaire débute en 2023 lorsqu'une ancienne compagne de Christophe B. dépose plainte deux mois après leur séparation[4]. Elle décrit une « stratégie d'emprise » totale s'étant étalée de 2020 à 2023, durant laquelle elle a subi de multiples viols collectifs mis en scène et filmés par son conjoint[2].
L'enquête, confiée à la Gendarmerie nationale, prend une dimension criminelle majeure lors des perquisitions au domicile du suspect, où les enquêteurs découvrent des dizaines de supports vidéo[2]. L'analyse de ces images montre, selon le procureur de la République de Bordeaux, une « absence caractérisée de consentement » des victimes, certaines enregistrant des hurlements de douleur[2].
L'exploitation des vidéos permet d'identifier successivement d'autres victimes (cinq autres anciennes compagnes de l'intéressé) ainsi qu'une cinquantaine d'auteurs ou complices potentiels[1],[3].
Le 11 avril 2025, le procureur de la République annonce une première vague d'interpellations. Quatre hommes, âgés de 40 à 57 ans, sont placés en détention provisoire, dont Christophe B.[1],[2]. Deux juges d'instruction bordelais dirigent les investigations de l'information judiciaire[1],[3].
En juillet 2026, l'affaire prend une ampleur renouvelée avec un bilan de 19 suspects mis en examen, poursuivis pour viols avec actes de torture et de barbarie, ou complicité de ces crimes, faits passibles de la réclusion criminelle à perpétuité[3],[4].
Ligne de défense
Par la voix de son avocat, Christophe B. conteste toute notion de contrainte sexuelle, affirmant que ces agressions s'inscrivaient dans un cadre libertin qu'il estimait consenti par ses partenaires[1],[4]. La défense évoque un « décalage abyssal » entre la qualification juridique des faits et la perception du suspect, qui ne se considère pas comme un criminel[1]. La majorité des autres hommes interpellés ont également affirmé ne pas avoir eu conscience de la gravité ou du caractère non consenti des actes[4].
Répercussions et débats sociétaux
L'affaire suscite un vif émoi médiatique et éthique, réveillant les débats juridiques autour de la notion de consentement lors de rapports sexuels collectifs, des dérives possibles au sein de certains cercles libertins, et des mécanismes d'emprise psychologique au sein du couple[1]. Des parallèles ont parfois été esquissés par les observateurs avec l'affaire des viols de Mazan en raison de la multiplicité des co-auteurs et de la captation vidéo des abus.
Références
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Voir aussi
Articles connexes
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