Oh Carolina
| Face B | I Met a Man |
|---|---|
| Sortie | 1960 |
| Enregistré | 1960 |
| Genre | Proto-ska |
| Auteur | John Folkes |
| Producteur | Prince Buster |
| Label | Buster Wild Bells |
Oh Carolina est une chanson de 1958 des Folkes Brothers, produite par Prince Buster et publiée en 1960, qui constitue l'un des enregistrements fondateurs de la musique populaire jamaïcaine moderne.
Version des Folkes Brothers
La version originale de la chanson a été enregistrée par le trio vocal jamaïcain les Folkes Brothers (John, Mico et Junior Folkes) et produite par Prince Buster aux studios RJR de Kingston[1]. Écrite par John Folkes en 1958, la chanson évoquerait une petite amie prénommée Noelena[2]. Le groupe avait rencontré Buster lors d'une audition dans le magasin de spiritueux de Duke Reid, et ce dernier avait décidé d'enregistrer la chanson.[3]. Selon les frères Folkes, Buster leur aurait versé 60 livres sterling pour l'enregistrement. Buster affirme quant à lui avoir payé 100 livres[2].
« Oh Carolina » est un enregistrement fondateur de la musique populaire jamaïcaine moderne, réalisé avant la cristallisation du ska. Pour la première fois, des rythmes distinctement rastafari sont entendus sur un enregistrement commercial[4]. Les motifs percussifs s'inscrivent dans la longue tradition du burru, forme rythmique africaine-jamaïcaine profondément enracinée dans le paysage sonore de West Kingston des années 1940 et 1950. Le mouvement rastafari l'a progressivement intégrée dans la pratique des tambours Niyabinghi[5]. Ils s'inspirent également du Kumina, une religion jamaïcaine liée aux traditions BaKongo d'Afrique centrale occidentale[6]. Le morceau se caractérise par une pulsation rythmique s'éloignant progressivement du boogie, à laquelle s'ajoute un riff de piano emprunté à un blues américain, interprété par Owen Gray[7],[3].
L'influence de Count Ossie y est déterminante. Prince Buster se rendit spécialement dans les Wareika Hills où Ossie avait établi sa communauté rastafari à Rockfort, pour le convaincre de descendre en studio avec sa troupe de percussionnistes[5],[1]. Formée dans les années 1950, la troupe d'Ossie était d'abord connue sur la scène des dancings des quartiers populaires, puis s'est imposée lors du concours Opportunity Knocks. Elle assure l'arrangement et l'accompagnement instrumental du morceau[4]. L'enregistrement marque ainsi le début de l'intégration délibérée des rythmes rastafari dans la musique populaire jamaïcaine, une influence qui se prolongera à travers le rocksteady, puis le reggae[4]. Il offrit par ailleurs une reconnaissance inédite aux Rastas, alors non seulement marginalisés, mais aussi activement criminalisés par les autorités jamaïcaines[2].
Le single a été cédé sous licence à Blue Beat Records pour sa sortie au Royaume-Uni en 1961.[2]
Les deux titres du single (la face B était « I Met a Man ») sont les seules chansons enregistrées par les Folkes Brothers en tant que trio[3]. Mico et Junior Folkes ont réenregistré la chanson sans John pour l'album Don't Leave Me Darling (2011), première parution créditée aux Folkes Brothers depuis le début des années 1960[2]. « Oh Carolina » a par la suite été réédité sur le label Prince Buster. La chanson a également été enregistrée en 1973 par Count Ossie sur son album Grounation, puis en 1975 par Junior Byles.
Liste des titres
Édition originale
A : « Oh Carolina »
B : « I Met a Man »
Réédition sur le label Prince Buster
A : « Oh Carolina »
B : « Chubby » – Prince Buster and the All Stars
Autres parutions
« Oh Carolina » a également été publié en face B du single « Madness » de Prince Buster en 1961 sur le label Fab, et figure sur un maxi 30 cm de « Big Five » paru en 1978.
Litige sur la paternité de l'œuvre
À la suite du succès de la reprise de Shaggy en 1993, John Folkes fut impliqué dans un litige juridique avec Prince Buster concernant la paternité de la chanson. Comme cela était courant pour les productions jamaïcaines de l'époque, la chanson était créditée sur le label au nom du producteur, en l'occurrence « C. Campbell », alias Prince Buster, qui affirmait avoir écrit la chanson pour une ancienne petite amie[2]. La revendication de Folkes fut reconnue fondée par la High Court britannique en 1994[2].
Autres reprises
Le tromboniste jamaïcain de ska et de reggae Rico Rodriguez a enregistré une version instrumentale intitulée « Carolina » en face B de son single « Sea Cruise » (1980).
En 1993, Vic Sotto, Francis Magalona, Richie D'Horsie et Michael V. ont interprété une version parodique en tagalog de la chanson pour le film Ano Ba Yan? 2.
L'artiste jamaïcain Yellowman a réalisé une reprise populaire sur son album Prayer (1994).
En , le groupe de pop sud-coréen Roo'ra a publié une version en coréen, intitulée « 날개 잃은 천사 » (« Nalgae irun chunsa » ; « Les anges qui ont perdu leurs ailes »).
Le groupe roumano-romani Taraf de Haïdouks a inclus une reprise intitulée « Carolina », avec la participation du Kočani Orkestar, sur son album Band of Gypsies.
Références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Oh Carolina » (voir la liste des auteurs).
- Thompson 2002, p. 197,328.
- Alleyne 2012, p. 84.
- Barrow 2004, p. 23.
- Edmonds 2003, p. 107.
- Bilby 2010, p. 6.
- ↑ Mann 2022, p. 45-46.
- ↑ Katz 2003.
Annexes
Bibliographie
- (en) Mike Alleyne, The Encyclopedia of Reggae, Sterling, (ISBN 978-1-4027-8583-2)
- (en) Steve Barrow et Peter Dalton, The Rough Guide to Reggae, Rough Guides, (ISBN 1-84353-329-4)
- (en) Kenneth Bilby, « Distant Drums : The Unsung Contribution of African-Jamaican Percussion to Popular Music at Home and Abroad », Caribbean Quarterly, vol. 56, no 4, , p. 1-21
- (en) Ennis Barrington Edmonds, Rastafari : From Outcasts to Culture Bearers, Oxford University Press,
- (en) David Katz, Solid Foundation : An Oral History of Reggae, Bloomsbury,
- (en) Larisa Kingston Mann, Rude Citizenship : Jamaican Popular Music, Copyright, and the Reverberations of Colonial Power, The University of North Carolina Press,
- (en) Dave Thompson, Reggae & Caribbean Music, Backbeat Books, (ISBN 0-87930-655-6)
- (en) Jason Toynbee, Bob Marley, Polity Press,
Liens externes
- Ressources relatives à la musique :
Content Disclaimer
Informasi ini disarikan dari Wikipedia dan disajikan kembali untuk tujuan edukasi. Konten tersedia di bawah lisensi CC BY-SA 3.0. Kami tidak bertanggung jawab atas ketidakakuratan data yang bersumber dari kontribusi publik tersebut.
- The information displayed on this website is sourced in part or in whole from Wikipedia and has been adapted for the purpose of restating it. We strive to provide accurate and relevant information, however:
- There is no guarantee of absolute accuracy. Wikipedia is an open, collaborative project that can be edited by anyone, so information is subject to change.
- It is not intended to constitute professional advice. The content displayed is for informational and educational purposes only. For important decisions (e.g., medical, legal, or financial), please consult a professional.
- Content copyright. Wikipedia is licensed under the Creative Commons Attribution-ShareAlike License (CC BY-SA). This means that content may be reused with appropriate attribution and shared under a similar license.
- Responsible use. Any risk arising from the use of information from this website is entirely the responsibility of the user.