Baba Jobe

Baba Jobe
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Parti politique

Baba Kajally Jobe, dit Baba Jobe, né à Karantaba et mort le à Banjul, est un homme politique et homme d'affaires gambien. Membre de l'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), il est député de l'Assemblée nationale pour la circonscription de Jarra West et chef de la majorité parlementaire de 2002 à 2003. Proche du président Yahya Jammeh, il est ensuite condamné pour des infractions économiques et meurt alors qu'il est détenu.

Biographie

Parcours politique et activités économiques

Baba Jobe est originaire de Karantaba, dans la région de Lower River. Il devient l'une des figures de l'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction, parti au pouvoir sous la présidence de Yahya Jammeh. Élu député de Jarra West, il devient chef de la majorité à l'Assemblée nationale en 2002 et conserve cette fonction jusqu'en 2003[1][2]

Il exerce aussi des activités dans le secteur privé. Il est directeur de la compagnie aérienne Gambia New Millennium Air Company[3].

En 2001, son nom figure parmi les personnes visées par les sanctions des Nations unies liées au conflit au Liberia. Il est soumis à une interdiction de voyager et est qualifié de trafiquant d'armes en raison de ses liens avec le commerce d'armes vers le Liberia. Malgré cette interdiction, il se rend en Libye[4][5]

Le , l'homme d'affaires Amadou Samba lui transfère la propriété du journal gambien Daily Observer. Après sa mort, la propriété du journal fait l'objet d'un différend entre sa famille et des personnes liées à l'ancien président Yahya Jammeh[6].

Arrestation et condamnation

Baba Jobe est arrêté le et poursuivi avec sa société Youth Development Enterprise Limited pour des infractions économiques liées aux droits de douane et aux sommes dues à la Gambia Ports Authority[7].

En mars 2004, il est reconnu coupable de plusieurs chefs d'accusation pour crimes économiques et obtention de fonds par fausse représentation. Il est condamné à neuf ans et huit mois de prison. Sa société est également condamnée et doit verser plusieurs dizaines de millions de dalasis aux services des douanes et à la Gambia Ports Authority[8].

Il purge sa peine à la prison de Mile 2, près de Banjul. À l'expiration de celle-ci, il reste détenu[9].

Mort

Alors qu'il est toujours détenu, Baba Jobe est hospitalisé le au Royal Victoria Teaching Hospital de Banjul. Il y meurt le . Son corps est ensuite remis à sa famille pour être inhumé dans son village de Karantaba[10].

Les circonstances de sa mort font par la suite l'objet d'enquêtes. Des témoignages recueillis par la Commission vérité, réconciliation et réparations de Gambie mettent en cause des membres des « Junglers », une unité liée au régime de Yahya Jammeh. Lors du procès de l'ancien ministre gambien de l'Intérieur Ousman Sonko en Suisse en 2024, un ancien gardien de prison témoigne sur les événements ayant précédé la mort de Jobe. Des témoignages versés à la procédure affirment qu'il aurait été étouffé dans sa chambre d'hôpital[11].

Notes et références

  1. (en) « Baba Jobe Tells It As It is », sur AllAfrica, (consulté le ).
  2. (en) Mariam Sankanu, « Sonko trial: who is responsible for the murder of Baba Jobe? », sur Justice Info, (consulté le ).
  3. (de) « a-3817 (ACC-GAM-3817) », sur European Country of Origin Information Network, Austrian Centre for Country of Origin and Asylum Research and Documentation, (consulté le ).
  4. (en) « Gambia: Baba Jobe in New Travel Ban List Travels to Libya in Defiance », sur AllAfrica, The Independent, (consulté le ).
  5. (de) « a-3817 (ACC-GAM-3817) », sur European Country of Origin Information Network, Austrian Centre for Country of Origin and Asylum Research and Documentation, (consulté le ).
  6. (en) « Is Daily Observer owned by Jammeh or Baba Jobe? », sur The Point, (consulté le ).
  7. (en) « Baba Jobe passes away », sur The Point, (consulté le ).
  8. (de) « a-3817 (ACC-GAM-3817) », sur European Country of Origin Information Network, Austrian Centre for Country of Origin and Asylum Research and Documentation, (consulté le ).
  9. (en) Mariam Sankanu, « Sonko trial: who is responsible for the murder of Baba Jobe? », sur Justice Info, (consulté le ).
  10. (en) « Baba Jobe passes away », sur The Point, (consulté le ).
  11. (en) Mariam Sankanu, « Sonko trial: who is responsible for the murder of Baba Jobe? », sur Justice Info, (consulté le ).

Voir aussi

Articles connexes

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